Mieux accompagner les personnes présentant un trouble du développement intellectuel
La Haute Autorité de santé dévoile le second volet de ses recommandations dédiées aux personnes présentant un trouble du développement intellectuel. L’objectif est de mieux les accompagner dans leur scolarité, leur vie active et la pratique de leurs loisirs, tout en favorisant l’autodétermination.
Après un premier volet publié en 2022, la Haute Autorité de santé (HAS) enrichit aujourd’hui ses recommandations pour l’accompagnement des personnes présentant un trouble du développement intellectuel (TDI). Cette seconde vague se concentre sur trois environnements de vie : la scolarité, le travail et les loisirs. Chacun d’eux fait l’objet d’un livret dédié, destiné aux professionnels et aux proches des personnes concernées.« Ils sont construits pour permettre aux professionnels d’identifier rapidement les thématiques à travailler selon la situation rencontrée et intègrent des témoignages et des exemples pour inspirer les pratiques », précise la HAS sur son site.
Pour un accompagnement personnalisé
Le TDI est un trouble du neurodéveloppement qui débute durant la petite enfance. Il altère les fonctions cognitives et adaptatives des personnes qui, de fait, vont présenter des besoins spécifiques. Elles nécessitent alors un accompagnement personnalisé. Ces personnes représentent 45 % des jeunes et plus de la moitié des adultes suivis dans le médico-social. Pour la HAS, il est impératif de tenir compte de leurs droits, de leurs besoins et de leurs préférences, afin de renforcer leur autonomie au quotidien (lire aussi notre dossier).
Scolarité : mieux apprendre avec un trouble du développement
Le premier livret réalisé par la HAS porte sur la scolarité. Cette dernière doit ainsi s’ajuster aux caractéristiques cognitives, sensorielles et motrices de chaque élève. Une collaboration renforcée entre familles, enseignants et professionnels médico-sociaux est également indispensable.
L’objectif est de créer un cadre d’apprentissage inclusif en utilisant différentes méthodes (modes de communication adaptés, outils numériques, etc.). À ce sujet, la disposition des tables dans la classe est un facteur essentiel. « Une table pour deux, ça empêche le partage, témoigne ainsi un ancien élève. Une disposition en rond, ça permet le partage. » Celle-ci offre aussi la possibilité à l’instituteur de mieux constater un éventuel décrochage.
Travail et vie active : des établissements adaptés et bienveillants
Le deuxième livret aborde la vie active des personnes TDI, de la préparation de l’orientation professionnelle à la retraite. Pour la HAS, un environnement bienveillant et une organisation adaptée sont des leviers majeurs de réussite. Cela passe notamment par une bonne décomposition des tâches, une évaluation régulière du ressenti, de la reconnaissance, ou encore le droit à l’erreur. Le témoignage d’une famille, dont la fille a d’abord réalisé un stage en milieu ordinaire, le confirme. « Elle s’épuisait à essayer de comprendre et de se faire comprendre », livre-t-elle. Aujourd’hui, elle travaille dans un établissement ou services d’aide par le travail (Ésat). Elle est « moins fatiguée parce qu’elle ressent moins de stress en raison du rythme de travail (plus adapté) et des collègues de travail avec lesquels elle se sent à l’aise, avec ou sans problème de compréhension ».
Loisirs : un espace d’expression et de liberté
Le troisième et dernier livret est consacré aux loisirs et au temps libre. Il rappelle qu’ils ne sont pas accessoires, mais essentiels à l’épanouissement de chacun. La diversité des activités proposées (sportives, culturelles, artistiques) permet d’explorer ses envies, d’identifier ce qui lui procure du plaisir et de s’épanouir. La HAS recommande ainsi aux personnes TDI « d’expérimenter différentes formes de loisirs afin d’identifier celles qui […] plaisent ».
Le témoignage d’un ancien travailleur d’Ésat, aujourd’hui retraité, atteste de l’impact positif de ces activités. Celui-ci y indique apprécier particulièrement le théâtre et le chant « parce qu’on peut s’exprimer sur plein de choses ». « Ça permet de s’échapper des problèmes quotidiens », ajoute-t-il.
Avec ses recommandations, la HAS poursuit un objectif : permettre aux personnes présentant un TDI de devenir actrices de leur vie.

