Obésité : vers une meilleure prise en charge d’ici à 2030
Face à la progression continue de l’obésité, le gouvernement a défini une nouvelle feuille de route nationale. Objectif : améliorer l’accès, la qualité et la continuité de la prise en charge sur l’ensemble du territoire.
La prise en charge de l’obésité vient de franchir une nouvelle étape. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a lancé la feuille de route 2026-2030. « Notre responsabilité est de garantir, à chaque personne concernée, un accès précoce, équitable et soutenable à des soins et à un accompagnement conforme à ses besoins, promet la ministre dans son éditorial. C’est à cette condition que la prise en charge de l’obésité pourra devenir pleinement effective, durable et juste. »
18 % des adultes sont en situation d’obésité
Ce plan intervient dans un contexte où l’obésité est en progression. Elle concerne 18,1 % des adultes en France en 2024 (environ 6 millions de personnes), contre 8,5 % en 1997. La hausse est encore plus marquée chez les plus jeunes. « Depuis 1997, l’obésité chez les 18-24 ans a été multipliée par plus de 4, et par près de 3 chez les 25-34 ans », précise la Sécurité sociale. Par ailleurs, cette maladie chronique progresse de façon inégale selon les milieux sociaux. « En classe de troisième, 7,5 % des enfants d’ouvriers sont considérés comme obèses, contre 2,7 % des enfants de cadre », ajoute l’Observatoire des inégalités.
Quatre objectifs d’ici 2030
La stratégie 2026-230 repose sur un principe central : l’obésité est une maladie qui nécessite un accompagnement global, personnalisé et au long cours. Elle est complémentaire du programme national nutrition santé (PNNS), dédié à la prévention dite primaire. Cette dernière visant à réduire la fréquence d’une maladie ou d’un problème de santé dans la population par la diminution des causes et des facteurs de risque.
Le plan obésité répond à quatre objectifs à l’horizon 2030. D’abord, il entend freiner sa progression et améliorer l’état de santé des personnes concernées. Il renforce ensuite l’accès à des soins personnalisés (lire notre article). En parallèle, le texte prévoit d’augmenter le nombre de professionnels formés et sensibilisés. Enfin, il capitalise sur les parcours et les prises en charge innovantes.
Trois axes pour structurer les parcours territoriaux
Pour mener à bien son projet, le gouvernement s’appuie sur trois axes majeurs. Le premier vise à identifier et orienter précocement les personnes à risque, tout en améliorant les données épidémiologiques. Le deuxième axe envisage de renforcer les filières Obésité à l’échelle territoriale, avec l’appui des centres spécialisés de l’obésité (CSO). Le but est de « garantir des parcours gradués, coordonnés et accessibles ». Enfin, le dernier axe porte sur le développement de la formation de tous les autres acteurs impliqués dans la prise en charge.
Des actions déjà lancées en 2025
La feuille de route s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées. En 2025, cinq nouveaux CSO ont ainsi été reconnus. 42 centres au total sont donc désormais répartis sur l’ensemble du territoire, y compris en outre-mer.
Par ailleurs, une position nationale sur l’accompagnement des traitements médicamenteux de l’obésité a été définie. Elle vise à sécuriser les pratiques professionnelles.
Enfin, le premier parcours coordonné renforcé (PCR) Obésité pour les adultes, destinés aux situations d’obésité complexe, doit être déployé au premier trimestre 2026.

