Un plan pour améliorer la fertilité et l’accompagnement des couples
Préserver la fertilité et protéger la santé périnatale et maternelle : voilà les deux objectifs affichés par le gouvernement pour encourager les projets d’enfant. Il ambitionne ainsi de permettre à chacun de faire son choix, de manière éclairée.
En France, un couple sur huit rencontre des difficultés à concevoir un enfant. Face à ce constat, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a lancé, le 5 février, la première réunion du comité de pilotage du plan fertilité. Il a également annoncé une série de mesures concrètes pour mieux informer, prévenir mais aussi accompagner les futurs parents.
Sensibiliser notamment les jeunes
Le comité de pilotage est coprésidé par Salomé Berlioux, qui est entre autres auteure d’un ouvrage sur le parcours d’un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfant, et Samir Hamamah, professeur de médecine et de biologie de la reproduction. Ils ont pour mission d’accompagner la ministre de la Santé dans le déploiement du plan fertilité. Celui-ci comprend 16 actions. Elles sont articulées autour de quatre axes : sensibilisation, dépistage précoce, amélioration de la prise en charge et recherche.
Parmi les mesures présentées, la création d’un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité se distingue. Accessible via Santé.fr, il centralisera des informations validées scientifiquement, adaptées à chaque étape de la vie.
De plus, une attention particulière sera portée aux jeunes adultes de 29 ans. Ces derniers recevront une information ciblée sur la santé sexuelle et reproductive « équilibrée et scientifiquement fondée ». Son but est d’éviter le regret du « si j’avais su ». « Cette démarche vise à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes adultes, sans injonction ni pression sociale, et contiendra donc logiquement des informations sur la santé sexuelle et la contraception, précise le ministère. Elle rappellera également que la fertilité est un enjeu partagé entre les femmes et les hommes et que les possibilités d’autoconservation des gamètes existent, sans qu’elles soient une solution miracle. »
Mieux prendre en charge les troubles de la fertilité
Ainsi, le développement de l’autoconservation ovocytaire est prévu. D’ici 2028, la France veut porter à 70 le nombre de centres autorisés, contre 40 actuellement. Une réflexion sera également engagée pour ouvrir cette pratique aux acteurs privés à but lucratif. Le but est de réduire les délais d’attente. Un système national de gestion des dons de gamètes et d’embryons sera aussi mis en place « pour améliorer la transparence, la traçabilité et l’efficience du système ». Enfin, un sondage national sur l’autoconservation sera organisé afin de mieux cerner les attentes et les profils des personnes concernées.
Par ailleurs, le plan prévoit une amélioration du parcours de soins dédié à la fertilité. Une fiche spécialisée sera ainsi ajoutée au dispositif Mon bilan prévention (lire notre article). En parallèle, les plateformes Prevenir seront généralisées. Elles sont destinées à repérer précocement les facteurs environnementaux qui peuvent affecter la fertilité. La lutte contre l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques (Spok), deux pathologies souvent associées à l’infertilité, sera aussi renforcée.
Faire de la France un leader de la recherche
Le plan fertilité aspire aussi à transformer le pays en un acteur clé de la recherche et de l’innovation en matière de santé reproductive. Des appels à projets thématiques seront lancés, en articulation avec les travaux existants sur l’infertilité et l’endométriose. Le suivi épidémiologique des indicateurs sanitaires, tant masculins que féminins, sera accentué. Il permettra notamment d’affiner les stratégies de prévention et de prise en charge.
La santé périnatale : un sujet majeur
Si la fertilité est un enjeu crucial, la santé périnatale et maternelle l’est tout autant. « Les constats sont préoccupants : la France présente un taux de mortalité maternelle et infantile supérieur à celui de ses principaux voisins européens, la mortalité maternelle stagne et la mortalité infantile, notamment néonatale, augmente légèrement depuis 2011 », indique le ministère (lire aussi notre article). À cela s’ajoutent des tensions liées à la pénurie de professionnels en maternité et à la vulnérabilité de certaines structures. Le tout intervient dans un contexte de baisse durable de la natalité.
Pour y remédier, un diagnostic complet de l’organisation des soins périnataux sera réalisé. Ce travail a été confié au professeur Loïc Sentilhes, chef de service de gynécologie-obstétrique, à la professeure Elsa Kermorvant, présidente de la Société française de néonatologie, et à Éliette Bruneau, présidente de l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL). Il s’appuiera sur les recommandations scientifiques, les études des sociétés savantes et les conclusions de la mission sénatoriale de 2024, ainsi que sur le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui est en cours de finalisation. Les premiers résultats seront remis d’ici juin 2026.
« Fertilité et périnatalité sont deux enjeux indissociables du parcours de vie, et chacun mérite aujourd’hui une approche adaptée et un accès égal à des soins de haute qualité et sécurisés pour garantir un accompagnement efficace et respectueux des familles », souligne la ministre Stéphanie Rist.
Avec toutes ces mesures, la France entend donc répondre à un double défi. D’un côté, permettre à chacun de faire des choix éclairés en matière de projet d’enfant. De l’autre, améliorer la santé des mères et des nouveau-nés.

