VIH : la prophylaxie pré-exposition en version injectable révolutionne la prévention
La lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) entre dans une nouvelle ère avec l’arrivée en France de la prophylaxie pré-exposition (Prep) injectable. Cette innovation majeure vient compléter les outils de prévention déjà disponibles.
Le ministère de la Santé annonce une avancée importante dans la prévention du VIH : l’arrivée de la Prep injectable en France. Administrée tous les deux mois, cette solution vient compléter l’arsenal existant.
Une stratégie de prévention combinée du VIH
Depuis plusieurs années, la France mise sur une stratégie combinée pour endiguer l’épidémie de VIH. Cette approche repose sur plusieurs piliers. En premier lieu, l’usage du préservatif externe (masculin) et interne (féminin) est recommandé. Ensuite, le dépistage permet quant à lui de détecter précocement la présence du virus (lire notre article). Le traitement post-exposition (TPE), en cas de prise de risque, et le traitement des personnes vivant avec le VIH pour limiter la transmission, viennent compléter ce dispositif. Enfin, la prophylaxie pré-exposition (Prep) s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH et qui veulent éviter la contamination. Elle est disponible sous forme orale depuis 2016.
L’arrivée de la Prep injectable, à base de cabotégravir (Apretude), marque un tournant. Cette nouvelle formule s’administre par voie intramusculaire tous les deux mois. À l’inverse la version orale, nécessite une prise quotidienne.
Qui sont les bénéficiaires de cette innovation ?
Si la Prep orale a déjà permis des progrès significatifs, certains groupes restent en effet insuffisamment couverts. Sa version injectable vise précisément à combler ces lacunes en s’adressant à des populations spécifiques. C’est le cas notamment des femmes. Ces dernières ne représentent aujourd’hui que 6 % des utilisateurs de Prep en France. Pourtant, elles sont, elles aussi, exposées à des risques de contamination.
Les personnes éloignées du système de soins ou celles en situation de vulnérabilité constituent d’autres publics cibles. Les individus pour qui la prise de comprimé au quotidien est difficile ou doit rester discrète, ou encore ceux qui présentent des contre-indications à la Prep orale sont aussi concernés.
« En diversifiant les modalités de prévention, la Prep injectable contribue à réduire les inégalités sociales et territoriales d’accès et à renforcer l’équité en santé », estime le ministère.
Un déploiement encadré
L’introduction de la Prep injectable ne s’improvise pas. Pour garantir son succès, les pouvoirs publics et les experts ont travaillé main dans la main. La Société française de lutte contre le Sida (SFLS) a ainsi élaboré un guide à destination des prescripteurs. Ce document détaille les indications, les modalités d’initiation et de suivi, ainsi que les exigences en matière de dépistage.
Un dispositif d’accompagnement complet a également été mis en place. Il inclut une application pour éditer le calendrier des injections, des fiches pratiques pour les infirmiers et pharmaciens, des ressources destinées aux patients et un soutien par les Comités régionaux de santé sexuelle (Coress).
La prescription de la Prep injectable « est ouverte aux médecins de ville expérimentés dans la prise en charge du VIH », précise le ministère. Ceux-ci sont invités à se rapprocher des Coress pour bénéficier d’un appui et organiser un parcours de soins coordonné.
Vers l’élimination du VIH d’ici 2030 ?
Avec l’arrivée de la Prep injectable, la France renforce son arsenal pour réussir à éliminer le VIH. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida de 2025, cet objectif avait d’ailleurs été rappelé (lire notre article). Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) estimait ainsi que « mettre fin au Sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 » était un objectif « à notre portée ». Élargir la couverture préventive est une des clés pour y arriver.

