Un plan national pour préserver la santé des soignants
Le gouvernement fait du bien-être des soignants une priorité. Il lance un plan national pour protéger leur santé mentale et physique et ainsi garantir l’efficacité de notre système de santé.
« Prendre soin de ceux qui prennent soin » : tel est l’objectif du nouveau plan pour la santé des professionnels de santé lancé par le gouvernement le 22 mai 2026. Le bien-être des soignants constitue, en effet, une condition indispensable à la qualité des soins (lire aussi notre article). « Notre système de santé ne peut être fort avec des professionnels malades, épuisé ou en souffrance », reconnaît le ministère de la Santé dans son communiqué.
Des soignants mal-en-point
« Près de la moitié (46 %) des soignants ont déclaré être tombés malades au cours des trois derniers mois, soit près du double des salariés (27 %) ». Ce chiffre, cité en préambule du plan, illustre à lui seul leur abattement Par ailleurs, 64 % des soignants se disent fatigués et 60 % souffrent de douleurs chroniques. 50 % déclarent enfin avoir connu un épisode d’épuisement professionnel.
Un constat d’urgence malgré des avancées
Face à cette situation qui perdure, plusieurs initiatives ont déjà été mises en œuvre. Une stratégie nationale a été lancée en 2016, ainsi que la création d’un observatoire dédié.
Cependant, les résultats restent insuffisants. Le rapport ministériel publié en 2023 sur la santé des professionnels de santé a mis en évidence la nécessité d’aller plus loin. Le nouveau plan gouvernemental repose alors sur quatre axes stratégiques distincts, déclinés en 13 mesures.
Accompagner les professionnels de santé
Le premier consiste à mieux accompagner les soignants. Pour cela, il envisage de créer un portail. Ce dernier regrouperait des informations utiles, notamment sur les bonnes pratiques et les formations existantes. Ce dernier sera associé à un numéro unique d’écoute et d’appui. Le plan prévoit aussi d’ajouter, aux cursus d’apprentissage, un module « Être acteur de sa propre santé ». En complément, il ambitionne de lancer un appel à projet sur les recherches sur la santé des professionnels en santé.
Renforcer la prévention et la santé mentale
Le deuxième pilier se concentre sur la prévention, notamment en matière de santé mentale. Il prévoit par exemple la mise en place de temps d’échanges collectifs. L’objectif ici est favoriser la culture de prévention au sein des établissements. Leur investissement sera valorisé d’ailleurs grâce à la création d’un label national « 3 S » pour « Santé et soins des soignants ».
La santé au travail, un enjeu prioritaire
Le plan accorde également une place centrale à la santé au travail, fondée sur le dialogue social.
Une autre mesure consiste à renforcer les compétences des infirmiers de santé au travail dans la fonction publique hospitalière (FPH). L’objectif étant de « moderniser le suivi des agents et de mieux mobiliser les ressources disponibles ».
Inscrire la santé des soignants dans la durée
Le dernier axe concerne la sensibilisation à la santé des soignants. Celle-ci doit être « pleinement reconnue comme un enjeu central de l’action publique ». « Cette initiative vise à rendre visible tant auprès des soignants eux-mêmes que du grand public l’importance de leur santé à la fois physique et mentale », précise le plan.
De plus, un bilan périodique sur l’état de santé des professionnels de santé sera dressé. Il serait piloté par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
La feuille de route prévoit, enfin, de préserver la santé des professionnels qui travaillent la nuit. « Lorsque l’organisation le permet, la possibilité de courtes siestes peut aussi constituer un levier bénéfique pour limiter la fatigue », indique-t-elle.
Une démarche collective
Ce plan constitue un point de départ. D’autres travaux doivent désormais le compléter. Ces derniers intègreront de nouvelles thématiques telles que la parentalité, les conduites addictives, l’alimentation ou encore la santé des jeunes professionnels.
En mettant la santé des soignants au premier plan, le gouvernement rappelle ainsi que la qualité des soins dépend aussi de la santé de celles et ceux qui les prodiguent chaque jour.

