Réunie en assemblée générale le 25 juin 2026 à Paris, la Mutualité française dénonce le nouveau projet du gouvernement de transfert de dépenses de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé. Pour elle, la solution est structurelle. Elle appelle donc à une réforme concertée du financement de la protection sociale.

Mutualité française

La Mutualité française s’oppose à un nouveau transfert de charges vers les mutuelles

Réunie en assemblée générale le 25 juin 2026 à Paris, la Mutualité française dénonce le nouveau projet du gouvernement de transfert de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Pour elle, la solution est structurelle. Elle appelle donc à une réforme concertée du financement de la protection sociale.

À l’occasion de son assemblée générale à Paris, le 25 juin 2026, la Mutualité française hausse le ton. Elle s’oppose au projet du gouvernement qui ambitionne de transférer de nouvelles charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Pour elle, la taxation de la santé et les déremboursements de soins ne constituent pas une réponse aux difficultés du système. Ses représentants plaident au contraire pour une réforme de fond et lancent à ce titre un « Appel à la mobilisation pour l’avenir de la protection sociale ».

1,5 à 2 milliards d’euros supplémentaires à la charge des complémentaires santé

Selon le communiqué de la Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS), ce projet s’inscrit dans la préparation actuelle de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. « Le gouvernement vient de prévenir séparément les fédérations de complémentaires de son projet de relever fortement les tickets modérateurs sur les actes médicaux, par voie réglementaire à l’été », indique-t-il.

La Mutualité française évoque pour sa part un transfert de charges « d’une ampleur inédite », estimé entre 1,5 et 2 milliards d’euros pour les organismes complémentaires. Cette mesure pourrait, en outre, s’accompagner d’un alourdissement de taxation. Le mouvement mutualiste dénonce alors « des arbitrages comptables [qui] ne règlent rien, ne répondent pas aux besoins et ne peuvent au contraire qu’aggraver la situation ». Il considère en effet que ces décisions feraient peser une charge supplémentaire sur les ménages et les entreprises, sans améliorer l’accès aux soins.

Des priorités éloignées des véritables enjeux de santé

Pour autant, la Mutualité française reconnaît la nécessité de réformer le système. Dans son texte, elle rappelle alors que près de cinq millions de Français sont toujours sans médecin traitant. Les déserts médicaux, quant à eux, concernent désormais 87 % du territoire. « Là devraient être les priorités d’action », soutient-elle.

L’organisation pointe aussi les facteurs de dérive des dépenses de santé. Elle juge d’abord la prévention est insuffisante. Elle dénonce ensuite les fraudes, les dysfonctionnements du système ou encore la place croissante d’acteurs financiers extérieurs au secteur de la santé. Autant de phénomènes qui « coûtent cher au détriment de la santé et de l’intérêt général ». Pour la Mutualité française, c’est sur ces leviers qu’il faut agir. Rappelons que selon un rapport de la Commission des comptes, le déficit de la Sécurité sociale attendu pour 2026 pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros.

La Mutualité française défend une réforme fondée sur la concertation

La réforme du financement du système de santé doit se faire dans le dialogue. « Réformer suppose de poser un diagnostic, de débattre des options, d’associer les parties prenantes », insiste l’organisation mutualiste. Cette position s’inscrit dans le prolongement des États généraux de la santé et de la protection sociale qu’elle a lancés en 2025 (lire notre article). L’organisation appelle ainsi à réformer avec l’ensemble des acteurs concernés : professionnels de santé, patients, partenaires sociaux, collectivités territoriales et organismes complémentaires (lire aussi notre article).

Préserver un modèle solidaire

Pour la Mutualité française, le transfert de charges vers les complémentaires santé risque d’accentuer les inégalités d’accès aux soins et de fragiliser les solidarités entre les générations. Elle met alors en garde et défend la solidarité et l’universalité, principes fondateurs et essentiels de la Sécurité sociale.

Le mouvement annonce donc sa mobilisation, au niveau national comme dans les territoires, pour défendre ce modèle. « Notre modèle social n’est pas un héritage à balayer, c’est un projet de civilisation à défendre, à promouvoir et à réinventer. Dans ce combat, nous prendrons toute notre part, de façon responsable et déterminée », conclut-il.