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L’accident ischémique transitoire : un mini AVC à repérer

Caractérisés par l’obstruction de la circulation sanguine dans le cerveau, les accidents ischémiques transitoires présentent des symptômes qui disparaissent rapidement. Souvent négligés, ils peuvent pourtant être annonciateurs d’AVC. Comment réagir ?

Chaque année, 30 000 accidents ischémiques transitoires (AIT) surviennent en France. « L’occlusion vient le plus souvent de la migration d’un caillot dans le réseau artériel. Ce caillot peut provenir d’une plaque d’athérome (dépôt de graisses sur la paroi interne des artères) située généralement sur les gros vaisseaux du cou. Il peut s’agir, dans d’autres cas, de la migration d’une embolie (obstruction soudaine d’un vaisseau sanguin par un corps étranger) d’origine cardiaque. Cette embolie est le plus souvent en rapport avec un trouble du rythme qui favorise la création locale de corps étrangers qui vont partir du cœur et suivre le flux sanguin pour se terminer dans une artère du cerveau », explique Bruno Dubois, professeur de neurologie et membre de l’Académie nationale de médecine. Les principaux facteurs de risque d’AIT sont l’athérosclérose (rétrécissement ou obstruction des artères par des dépôts graisseux), un taux de cholestérol élevé, l’hypertension artérielle, le diabète ou le tabagisme.

Les symptômes disparaissent en moins d’une heure

Leurs symptômes sont semblables à ceux d’un AVC. Mais ils ont la particularité de durer entre deux et trente minutes et de disparaître complètement en l’espace d’une heure, selon la zone cérébrale touchée. « Il peut donc s’agir d’un trouble du langage transitoire, d’un déficit moteur, d’une paralysie d’un côté du corps relativement légère (hémiparésie) ou plus sévère (hémiplégie), parfois limitée sur la main, le bras, la jambe ou la face. D’autres fois, il peut s’agir d’un trouble de la sensibilité de la moitié du corps, ou plus limité sur une main par exemple, ou d’un trouble de la vue », souligne le professeur Dubois. Généralement négligés car ils sont alors jugés bénins, ces symptômes peuvent être considérés comme des signaux d’alerte. Les risques d’AVC après un AIT sont, en effet, de 10 % à trois mois et la moitié surviennent dans les quarante-huit premières heures. « Le risque est bien sûr la récidive qui, cette fois-ci, pourrait être plus prolongée et laisser des séquelles définitives. Il faut donc rechercher la cause de cette occlusion artérielle transitoire », confirme le neurologue. En présence de ces symptômes, il est primordial d’appeler immédiatement les secours en composant le 15 ou le 112, même s’ils régressent spontanément.
« Le trouble neurologique, étant par définition transitoire, il va régresser en moins de vingt-quatre heures et ne laisser aucune séquelle. Il n’y a
donc pas de traitement à proposer pour le déficit neurologique. En revanche, il est essentiel de faire une enquête pour rechercher la cause du caillot sanguin responsable pour envisager un traitement ciblé », indique le professeur. Il précise pour la suite : « S’il s’agit d’une plaque d’athérome, le médecin proposera probablement des antiplaquettaires qui diminuent la tendance des plaquettes à s’agglutiner pour former les caillots sanguins à l’intérieur d’un vaisseau. Lorsque cette plaque d’athérome est située au niveau d’un rétrécissement important de l’artère carotide, il peut être proposé une intervention chirurgicale pour désobstruer l’artère. Si le bilan révèle une cardiopathie pouvant provoquer une embolie, le médecin pourra prescrire la mise sous anticoagulants et un régulateur du rythme cardiaque en cas de fibrillation auriculaire pour éviter la récidive », note le professeur.

La prévention des AIT repose sur la prise en charge des facteurs de risque. « Ainsi, il faut traiter l’hypertension artérielle et la dyslipidémie, avec parfois mise sous statines, surveiller la glycémie, lutter contre l’obésité, arrêter le tabac et promouvoir l’activité physique », conclut le spécialiste.

Violaine Chatal