Alimentation : les Français surexposés au cadmium
La population présente un niveau d’exposition préoccupante au cadmium. Ce métal lourd, cancérigène, se retrouve dans un grand nombre de produits alimentaires consommés au quotidien.
Une nouvelle étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte sur une réalité inquiétante. Près de la moitié des Français est surexposé au cadmium. Ce métal est naturellement présent dans l’environnement. Mais les activités humaines, et notamment agricoles, renforce sa concentration dans les sols, ce qui a des effets délétères sur notre santé.
L’alimentation, première source de contamination au cadmium
L’alimentation est majoritairement à l’origine de cette exposition. En effet, elle représente même « 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse », indique l’Anses. « Cette surexposition s’explique en grande partie par la présence de cadmium dans une diversité d’aliments du quotidien, elle-même liée à la contamination des sols agricoles où ils sont produits », précise-t-elle. Absorbé facilement par les racines, le métal atterrit directement à nos assiettes. Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire.
Pâtes, céréales, biscuits… des aliments à risque
Les produits céréaliers sont particulièrement touchés par cette contamination au cadmium. Les aliments à base de blé comme le pain, les gâteaux, les céréales du petit-déjeuner ou encore les pâtes sont ainsi concernés. Ce qui est préoccupant, c’est qu’ils font partie de l’alimentation quotidienne des Français, et en particulier des enfants.
Un enjeu de santé publique
Car ce métal lourd est particulièrement nocif. « L’exposition orale prolongée de l’homme au cadmium induit des néphropathies, des maladies osseuses, des troubles de la reproduction et un risque accru de cancer pour plusieurs organes (poumon, prostate, reins et pancréas) », détaille l’Association santé environnement France (Asef) dans un communiqué de 2023. D’autant que cette contamination s’ajoute à d’autres déjà existantes (lire notre article).
« Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population », interpelle à son tour Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses.
Des leviers d’actions
L’agence recommande donc d’agir « au plus vite ». À la source d’abord, en maîtrisant la pollution des sols agricoles. Elle appelle, depuis 2019 déjà, à l’application des valeurs limites pour les matières fertilisantes, et principalement les engrais minéraux phosphatés. Celles-ci ne devraient pas dépasser un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an.
L’Anses suggère aussi un meilleur contrôle des produits alimentaire importés. Elle recommande de revoir « à moyen terme » les teneurs maximums en cadmium pour des aliments qui contribuent le plus à la contamination.
Surveiller son alimentation pour réduire son exposition
Les consommateurs peuvent aussi être acteur à leur niveau, en diversifiant leurs repas. Il est ainsi conseillé de limiter sa consommation de pain, de barres de céréales, de biscuits, mais aussi de chocolat et de pommes de terre. Par ailleurs, les pâtes et le riz peuvent facilement être remplacés par des légumineuses (lentilles, pois chiches…).
Vers des tests de dépistage remboursés
En attendant une action collective, les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance maladie viennent de trouver, le 7 avril 2026, un accord sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville. Ce dernier ouvrirait la voie à son remboursement. Il serait pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie et à 40 % par les complémentaires santé. Si elle était validée, cette mesure devrait entrer en vigueur dans les mois à venir.

