Alimentation : vers une assiette saine, durable et accessible à tous
Le gouvernement a dévoilé sa stratégie pour transformer en profondeur les modes d’alimentation des Français d’ici à 2030. Son but ? Rendre accessible à tous une nourriture à la fois bonne pour la santé et respectueuse de l’environnement.
Entre questions de santé publique, de souveraineté et urgence climatique, l’alimentation se trouve au cœur des préoccupations. Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement a donc présenté sa stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) le 11 février. Elle vise à aller vers un modèle « plus juste, plus sain et plus durable » à l’horizon 2030.
Allier santé et environnement
Si l’alimentation « reflète nos traditions, nos goûts et nos choix et donne lieu à des moments de partage », elle est également « un enjeu majeur de santé publique, d’équité et de souveraineté », considère le gouvernement. Aujourd’hui en France, près de 30 % des décès liés aux maladies cardiovasculaires seraient attribuables à une mauvaise alimentation. Parallèlement, 24 % de l’empreinte carbone des ménages provient de ce qu’ils consomment. Sans compter que 16 % de Français sont touchés par la précarité alimentaire.
Mieux informer les consommateurs
Face à ces constats, la SNANC propose un cadre qui unit nutrition, équité et enjeux climatiques. Elle intègre ainsi 14 actions. Parmi ces dernières, la sensibilisation à une alimentation « saine et durable » est particulièrement mise en avant.
Afin de donner plus d’informations aux consommateurs, le gouvernement envisage d’étendre le Nutri-score. Ce système d’étiquetage nutritionnel sera appliqué aux denrées non préemballées et à la restauration hors foyer. Son affichage demeurera toutefois non obligatoire.
En parallèle, la stratégie prévoit d’améliorer la composition des aliments « à travers des seuils maximaux en sel, sucres, gras, et minimaux en fibres ». Le tout sera conduit sur la base « d’accords collectifs révisés ».
L’affichage environnemental « volontaire encadré pour les produits alimentaires » sera quant à lui déployé « après une phase concertée de développement ».
Moins de malbouffe, plus d’activité physique
Pour protéger les enfants et les adolescents, le plan ambitionne de réduire leur exposition aux publicités pour la malbouffe. Exit donc les spots et annonces pour des produits trop gras, sucrés, salés, dans les médias traditionnels et numériques. Cette mesure s’appuie sur la mise en œuvre de la Charte alimentaire 2025-2029 et du règlement européen sur les services numériques.
En complément, la promotion des mobilités actives, notamment auprès des jeunes, est actée. La SNANC veut intégrer la pratique de la marche et du vélo « comme vecteur de bien-être physique et mental, dans une approche globale d’alimentation saine et de modes vie durables ».
Une alimentation accessible et équitable
La lutte contre la précarité alimentaire constitue une autre priorité. Le gouvernement projette ainsi d’améliorer la qualité nutritionnelle et environnementale de l’aide alimentaire. Il préconise aussi de soutenir les projets locaux de solidarité. L’ambition est simple : garantir à chacun, quel que soit son niveau de revenu, un accès à des produits de qualité, de proximité et durables.
Une volonté que l’on retrouve aussi vis-à-vis de la restauration collective et notamment des cantines scolaires. L’objectif d’atteindre 50 % de produits durables dont 20 % issus de la filière BIO, est ici réaffirmé. La stratégie invite de plus à privilégier les circuits courts et à écarter l’achat de denrées alimentaires non européennes.
Transformer les mots en actes
La SNANC s’inscrit dans la continuité des propositions de la Convention citoyenne pour le climat et de la loi Climat et résilience de 2021. Elle intervient également un an après le lancement de l’engagement pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires et la santé de tous (lire notre article).
Très attendue, elle est cependant jugée trop timide par les associations, à l’image de France asso santé, qui défend les usagers du système de santé. Celle-ci indique qu’elle « restera vigilante et mobilisée pour que la SNANC ne reste pas une simple feuille de route, mais devienne un outil concret de prévention des maladies ainsi que de protection de la santé et de l’environnement, suivi d’actions et de résultats, au service de toutes et tous ».
De son côté, Réseau action climat estime qu’il s’agit d’« une occasion manquée ». « Cette stratégie a le mérite d’afficher publiquement la nécessité de lutter contre la précarité alimentaire et de garantir à toutes et tous un accès à une alimentation saine et durable, conformément au droit à l’alimentation, considère Benoit Granier, responsable alimentation au sein de l’association. Mais sans moyens humains et financiers à la hauteur, ni une régulation plus forte du secteur agroalimentaire, ces ambitions resteront des promesses non tenues. » L’avenir nous dira donc si ces projets se traduiront en actions.

