Depuis la réforme de juillet 2021, le congé de paternité connaît un essor inédit. Allongé à 25 jours, il est pris par plus de huit pères sur dix. Malgré tout, des freins professionnels et financiers continuent de peser sur certains profils de pères.

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Le congé de paternité séduit de plus en plus de pères

Depuis la réforme de juillet 2021, le congé de paternité connaît un essor inédit. Allongé à 25 jours, il est pris par plus de huit pères sur dix. Malgré tout, des freins professionnels et financiers continuent de peser sur certains profils de pères.

Les pères ont-ils davantage recours au congé paternité depuis la réforme de 2021 ? Oui, affirme une nouvelle étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) publiée le 28 janvier 2026. Ces derniers disposent désormais de 25 jours, contre 11 auparavant. Résultat : entre 2021 et 2023, 81 % des pères en ont bénéficié, contre 75 % avant la réforme.

Une majorité de pères utilisent la totalité du congé de paternité

Dès 2022, 59 % des pères ont pris l’intégralité du congé de paternité. Un chiffre qui démontre « l’attractivité de cette nouvelle durée », constate l’Ined. Autre évolution notable : le fractionnement du congé progresse. Autorisé depuis la réforme, il permet de répartir les jours sur plusieurs périodes. En pratique, 33 % des pères y ont eu recours au second semestre 2023, contre 23 % fin 2021. « Cette souplesse facilite l’adaptation aux contraintes familiales et professionnelles, notamment en fonction des périodes de vacances scolaires », explique l’Institut.

Des écarts selon le statut professionnel

Si la dynamique est positive, les inégalités persistent toutefois. Les fonctionnaires et salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) sont ceux qui profitent le plus du congé de paternité. En revanche, parmi les travailleurs indépendants, seuls 55 % ont utilisé l’intégralité du congé. Les pères en contrat à durée déterminée (CDD) ou au chômage avant la naissance y recourent également moins souvent.

Le niveau de diplôme influe aussi, avec un écart entre les bacheliers et les non-bacheliers. Ces derniers en bénéficient moins, même si l’usage progresse.

La charge de travail et la perte de revenus comme principaux obstacles

Le manque d’envie est rarement évoqué par les pères pour justifier le fait de ne pas prendre le congé de paternité. Ils n’étaient que 7 % à le déclarer en 2023, contre 9 % en 2012.

En revanche, les contraintes professionnelles, et principalement la charge de travail excessive, apparaissent comme un frein. Un argument invoqué majoritairement par les professionnels indépendants.

Les raisons financières sont elles aussi un obstacle pour s’absenter du travail. Ainsi, 8,5 % des pères évoquent une perte de revenus, un chiffre probablement accentué par le contexte inflationniste. Ceux en contrat court, au chômage ou peu diplômés sont plus nombreux à citer cet argument, tout comme la complexité des démarches administratives.

Un congé de paternité plus tardif pour compenser la reprise du travail de la mère

L’étude souligne également que 8 % des pères prennent leur congé après la reprise du travail de la mère, contre 2 % avant 2021. Une pratique qui demeure plus fréquente pour les premiers et deuxièmes enfants (10 % et 14 %), et plus marginale pour le troisième (4 %). Les congés maternité plus longs des mères et les arrêts d’activité plus fréquents expliquent ce chiffre.

L’implication des pères : une dynamique sociale

Pour l’Ined, le nouveau congé tend désormais à s’imposer comme « une norme sociale de la paternité en France ». La médiatisation de la réforme a en effet permis de faire connaître ce dispositif. Elle a également aidé à mieux le faire accepter en entreprise. De plus, cette tendance s’inscrit plus largement dans un mouvement de transformation des politiques familiales. Le futur congé de naissance (lire aussi notre article), qui entrera en vigueur en juillet 2026 et qui permet à chacun des deux parents d’enfant né ou prévu à naître à compter du 1er janvier 2026, de bénéficier un ou deux mois de congé supplémentaire, en est le parfait exemple.