L’engouement sans précédent des Français pour le sport
Près de trois Français sur quatre déclarent pratiquer un sport en 2025, un record. Cette activité est plébiscitée pour ses bénéfices tant sur la santé physique que mentale.
Le rapport au sport des Français a bien évolué ces dernières années. C’est ce que révèle le 15e Baromètre sport-santé, publié par la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (FFEPGV) et Ipsos BVA, le 27 janvier. Les sportifs sont plus nombreux et ils y consacrent plus de temps.
Une pratique ancrée dans le quotidien
En 2025, 72 % des Français pratiquent une activité sportive. Cette proportion connaît une progression continue depuis 2012. Mais, elle atteint là un niveau inégalé (hors période de confinement de 2020). Plus frappant encore : 41 % des sondés font plus de 3 heures de sport par semaine. Ces derniers y consacrent, en moyenne, plus de 4 heures hebdomadaires, un chiffre qui a doublé en 10 ans.
L’activité prend des formes variées. Dans le détail, 61 % des sportifs pratiquent seuls, tandis que 33 % bougent à plusieurs. L’extérieur reste leur terrain de jeu favori (61 %). Mais, 46 % s’exercent à domicile ou en ligne. Enfin, les salles de sport attirent, quant à elles, un tiers des pratiquants (33 %).
Bon pour le corps et pour l’esprit
« Garder la forme » reste la motivation principale des Français (55 %). En parallèle, le fait de se sentir bien gagne du terrain (53 %, + 5 points par rapport à 2024). « Le souhait de se maintenir en bonne santé et de ne pas tomber malade est également clairement exprimé par 44 % des sportifs », ajoute l’Ipsos. Ces tendances le confirment donc : le sport n’est plus seulement lié à la performance. Il est dorénavant perçu comme un outil de prévention et d’équilibre.
D’ailleurs, 90 % des Français reconnaissent son impact positif sur leur bien-être psychologique. Une conviction solidement ancrée à l’heure où la Grande cause nationale sur la santé mentale est renouvelée en 2026.
L’arrêt ou la réduction de l’activité sportive n’est, à l’inverse, pas sans conséquences pour les sportifs. Ils sont 86 % à rapporter au moins un effet négatif : baisse de moral (63 %), augmentation du stress (54 %) ou troubles du sommeil (49 %). Les jeunes adultes (de moins de 35 ans) sont les plus concernés. Ainsi, 93 % d’entre eux ressentent ces répercussions. « Un constat préoccupant pour cette génération particulièrement exposée aux fragilités mentales, et qui souligne le rôle essentiel que joue l’activité physique régulière », estime l’Ipsos (lire aussi notre article).
Le sport, ciment social et intergénérationnel
Au-delà de ses bienfaits individuels, le sport joue un rôle clé dans la création de liens sociaux. Pour 72 % des pratiquants, c’est une occasion de « partager une passion ». Elle permet aussi de « créer des amitiés durables » (67 %) et d’éprouver un « sentiment d’appartenance » (58 %).
Les moins de 35 ans sont particulièrement sensibles à cette dimension collective. Parmi eux, 78 % sont motivés par le partage, 75 % par l’amitié, et 73 % par l’entraide. Les seniors, eux, y voient une opportunité d’échanges intergénérationnels. Ainsi, 70 % des 60 ans et plus apprécient de côtoyer des pratiquants d’âges différents.
Le médecin peut inciter à bouger
Si les Français sont convaincus des bienfaits du sport, ils ont parfois besoin d’encouragement pour franchir le pas. Le rôle du médecin prescripteur apparaît alors capital. 79 % des sondés seraient incités à pratiquer davantage s’il le leur recommandait pour leur santé physique, et 74 % pour leur santé mentale. Chez ceux qui ne pratiquent pas encore, 64 % seraient stimulés par une prescription médicale.
Élections municipales 2026 : le sport, un sujet qui compte
À l’approche des élections municipales de mars, le Baromètre s’est également intéressé à la vie sportive locale. Plus de deux Français sur trois se déclarent satisfaits de l’offre (71 %) et des équipements (67 %) à leur disposition.Près de la moitié dit avoir observé des évolutions positives depuis les dernières élections de 2020.
Toutefois, des freins persistent pour 68 % des sondés. Sont cités : le coût (32 %), les horaires inadaptés (18 %), le manque d’infrastructures (14 %) ou leur éloignement (13 %).
Malgré tout, 64 % des Français considèrent que le sport sera un enjeu important des élections. Il est même « très important » chez les sportifs (22 %) et les parents (25 %).
La santé et la sécurité publique restent les priorités majeures pour les électeurs (lire aussi notre article). « Mais le sport apparaît comme un levier transversal, à la croisée des enjeux de santé publique, de cohésion sociale et de qualité de vie », constate l’Ipsos. Un argument qui pourrait bien peser dans les urnes.

