Plus de la moitié des parents français se sentent épuisés et dépassés par leurs responsabilités parentales.

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Épuisement parental : un mal qui touche plus de la moitié des parents

Selon un sondage mené par Apprentis d’Auteuil et OpinionWay, plus de la moitié des parents français se sentent épuisés et dépassés par leurs responsabilités parentales. Face à cette charge, un accompagnement et un soutien s’imposent.

L’éducation des enfants porte avec elle son lot de fatigue et de pression. C’est le constat général qui ressort du sondage « Les Français et les défis de la parentalité », mené par la Fondation Apprentis d’Auteuil et OpinionWay. Les sondées, des parents d’enfants âgés de moins de 18 ans, font part de leur état d’épuisement, de la difficulté de leur rôle et de leur besoin de soutien au quotidien. En effet, plus d’un répondant sur deux (55 %) considère qu’il est difficile d’élever un enfant. C’est même très difficile pour 10 % d’entre eux. « Être parent est un exercice difficile, épuisant, fragilisant émotionnellement », confirme ainsi la fondation dans son communiqué.

Des adultes épuisés

Plus de la moitié des parents interrogés (53 %) admettent se sentir dans un état d’épuisement proche de la rupture. Ces derniers font part d’épisodes émotionnels intenses, tels que l’envie de fuir (45 %) ou les pleurs de découragement (44 %). Cette fragilité émotionnelle a des répercussions sur l’équilibre familial, notamment à travers la perte de calme ou l’expression de paroles regrettées, des comportements quotidiens observés par 56 % des parents.

« Les difficultés éducatives, la fatigue, les tempêtes émotionnelles, mais aussi les attentes de plus en plus hautes qui pèsent sur les parents, fragilisent leur confiance en eux et en leurs capacités », soulignent ainsi les rédacteurs. 55 % des parents ont d’ailleurs régulièrement le sentiment de ne pas être un bon parent.

Des inégalités persistantes

L’épuisement et le dépassement ne touchent pas toutes les catégories de manière égale. Les femmes, qui portent le plus souvent la charge du foyer, vivent cette réalité plus intensément. 63 % d’entre elles déclarent alors que l’éducation d’un enfant est difficile, contre 45 % des hommes. De plus, 62 % des femmes disent ressentir un état d’épuisement proche de la rupture, là où 42 % des hommes seulement partagent ce ressenti. Cet état touche également davantage les familles monoparentales. Ainsi, 62 % des parents seuls ressentent ce même état de fragilité, contre 52 % chez les parents en couple.

La précarité, l’isolement et l’absence de soutien amplifieraient aussi les difficultés parentales au quotidien. 59 % des catégories socioprofessionnelles les plus favorisées (CSP+) ressentent ce sentiment, contre 50 % chez les plus précaires.

L’âge entre aussi en ligne de compte : 62 % des moins de 35 ans ont l’impression de ne pas être de bons parents, contre seulement 43 % des plus de 45 ans (pour aller plus loin, lire aussi notre article).

S’accorder du temps pour soi

Face à cet état de fait, une large majorité des parents (64 %) réclament avant tout plus de temps pour eux-mêmes, pour se ressourcer et se retrouver. Cette pause est perçue comme une nécessité pour pouvoir mieux assumer les responsabilités parentales au quotidien.

Une meilleure gestion de la parentalité passe également par une répartition équitable des tâches avec le conjoint, pour 41 % des sondés. De plus, un recours accru à des relais extérieurs, tels que la famille, les associations ou les dispositifs publics est plébiscité par 35 % des répondants. Enfin, les échanges entre parents et l’accès à des ateliers ou des conseils pratiques sont cités par 28 % des sondés.

Soutenir les parents pour mieux accompagner les enfants

« Il est urgent d’épauler les mères et les pères, pour qu’ils puissent aider leurs enfants à grandir, s’épanouir et bâtir leur avenir !, considère Émilie Casin-Larretche, coordinatrice du pôle Familles et Parentalité des Apprentis d’Auteuil. Les parents ne devraient pas rester seuls face à leurs responsabilités éducatives, mais pouvoir compter sur un réseau de soutien solide et bienveillant. »

La fondation propose ainsi de soutenir les parents dès les premiers signes de fragilité. Elle préconise également de développer des lieux « d’accueil inconditionnels » et de rencontre pour prévenir l’épuisement parental. Elle recommande aussi de redonner aux parents confiance en eux, afin « qu’ils puissent assumer leurs responsabilités ».

Soutenir et épauler les parents apparaît crucial pour préserver non seulement l’équilibre familial, mais aussi la santé mentale des parents.