Handicap : un plan d’actions pour la vie intime, affective et sexuelle
Parler de sexualité et de handicap reste tabou et l’accès à cette sphère privée est semé d’obstacles. Pour y remédier, le gouvernement a présenté en février 2026 un plan concret, articulé en quatre axes.
Les personnes en situation de handicap sont pleinement concernées par leur vie intime, au même titre que n’importe qui. Mais cette réalité peine à trouver sa place dans les pratiques professionnelles, comme dans les établissements médico-sociaux. Entre le manque d’information accessible, des soins de santé sexuelle difficiles à obtenir et une exposition accrue aux violences, les obstacles sont nombreux.
Un nouveau plan d’actions
Pourtant, la France a des engagements à tenir. La Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies, ratifiée en 2010, est claire : elle garantit le droit de vivre sa vie intime, affective et sexuelle comme n’importe qui d’autre – c’est-à-dire sans discrimination ni violence. Afin de traduire ce texte en actes concrets, un plan a été présenté le 19 février 2026 par le ministère de la Santé et des Personnes handicapées. Les pouvoirs publics ont travaillé plusieurs mois sur le terrain aux côtés de personnes en situation de handicap, d’associations et de professionnels du médico-social. Le résultat prend la forme d’un document de 27 mesures, organisées autour de quatre axes.
Le premier vise à promouvoir le respect de la vie intime, affective et sexuelle, notamment en s’appuyant sur les centres ressources Intimagir (voir les coordonnées ci-contre). Présentes dans toutes les régions métropolitaines, ces structures informent, orientent et accompagnent les personnes en situation de handicap, leurs proches et les professionnels qui les entourent. Le plan prévoit de les renforcer et de leur fixer des objectifs nationaux communs.
Un accès aux soins encore trop inégal
Le deuxième axe s’attaque au problème de l’accès à la santé sexuelle et reproductive. Ainsi, Handigynéco, programme de consultations gynécologiques adaptées aux personnes handicapées, sera généralisé à l’ensemble des établissements et services médico-sociaux. Des brochures de prévention seront rédigées en Falc (Facile à lire et à comprendre), et les services CapParents seront également mobilisés pour accompagner les projets de parentalité des personnes concernées.
Le plan prévoit aussi de clarifier le cadre juridique autour de la contraception et la stérilisation à visée contraceptive, deux domaines où les droits des personnes ne sont pas toujours respectés. Un travail comparatif avec les autres pays signataires de la Convention de l’ONU est également envisagé.
Des violences trop fréquentes
C’est l’un des volets les plus préoccupants du plan. Selon l’enquête Cadre de vie et sécurité de la Drees (2020), 7,3 % des personnes en situation de handicap déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles, contre 5,1 % des personnes sans handicap. Chez les femmes, l’écart est encore plus marqué. Face à ces chiffres, le troisième axe prévoit plusieurs mesures concrètes : le contrôle systématique des antécédents judiciaires des professionnels, des protocoles nationaux pour accompagner les victimes et des outils accessibles pour faciliter les signalements.
Enfin, le quatrième axe s’attaque aux pratiques institutionnelles. La circulaire du 5 juillet 2021, qui encadrait la vie intime dans les établissements, n’avait pas la force contraignante qu’elle aurait dû avoir. Elle sera rendue opposable : les établissements auront l’obligation légale de s’y conformer, d’intégrer un volet vie intime dans leurs projets et d’aménager des espaces privés adaptés. Travailleurs sociaux, soignants et personnels de protection des majeurs seront aussi formés à ces enjeux.
Justine Ferrari
Pour trouver le centre de ressources INTIMAGIR de votre région : www.monparcourshandicap.gouv.fr/intimagir

