La Semaine bleue, semaine nationale des retraitées et des personnes âgées, est placée sous le signe de la solidarité intergénérationnelle.

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La Semaine bleue 2026 célèbre le lien entre les générations

La Semaine bleue, semaine nationale des retraitées et des personnes âgées, fête ses 75 ans jusqu’au 11 octobre. Un anniversaire placé sous le signe de la solidarité intergénérationnelle, alors que près de deux millions de seniors sont aujourd’hui touchés par la solitude.

La 75e édition de la Semaine bleue se tient du 5 au 11 octobre autour du thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! » Cet événement national a pour vocation de valoriser la place des aînés dans la société. Il est aussi l’occasion de rappeler l’importance des liens entre les générations.

De la charité à la citoyenneté

Né de la volonté d’associations caritatives de lutter contre la précarité extrême et l’exclusion, l’événement a su évoluer. La « Journée nationale des vieillards » instituée en 1951 s’est petit à petit transformée en Semaine bleue. Celle-ci a désormais lieu chaque première semaine d’octobre (lire aussi notre article). D’une simple collecte de fonds, elle est devenue un moyen de valoriser la place des aînés. Un objectif résumé dans son slogan : « 365 jours pour agir, 7 jours pour le dire ».

Le rendez-vous est coordonné par l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss), association reconnue d’utilité publique. Il se déroule également sous le haut patronage du ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. La manifestation mobilise chaque année les acteurs de terrain : associations, services à domicile, collectivités locales…

Mettre en avant les contributions des aînés

En 2026, le thème de la Semaine bleue est « Relions tous les âges dans des territoires engagés ». C’est ainsi « l’occasion de promouvoir les contributions que tous les aînés peuvent apporter à la collectivité, quels que soient leur âge, leur état de santé, leur niveau d’autonomie et leur lieu de vie », expliquent les organisateurs. L’objectif est aussi de valoriser « les relations et les liens intergénérationnels, garants d’une société plus inclusive et plus solidaire ».

Au total près de 1 100 événements sont organisés sur tout le territoire. Du théâtre aux expositions, en passant par le sport et les débats, la programmation est disponible sur le site Semaine-bleue.org.

La Semaine bleue pour lutter contre la solitude

L’urgence de transformer le regard porté sur le vieillissement est réelle. La solitude progresse et touche désormais près de deux millions de personnes âgées en France.

Or, le maintien de liens sociaux réguliers favorise le bien-être psychologique. Il soutient aussi les capacités cognitives, y compris chez les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Multiplier les occasions de rencontres entre les tranches d’âge apparaît donc comme une nécessité.

Le sujet de la mobilité, un des enjeux du bien vieillir

Ce constat d’exclusion sociale des aînés est également mis en lumière dans le 11e rapport des Petits frères des pauvres. Celui-ci, réalisée par CSA Research, indique que les difficultés des aînés à se déplacer accentuent la solitude. Près d’un million de personnes âgées de 60 ans et plus sont, en effet, aujourd’hui « assignées à résidence ». Ces dernières marchent moins de quinze minutes par jour, ne conduisent pas et n’utilisent pas les transports en commun.

Par ailleurs, 2,5 millions de seniors déclarent avoir renoncé, au cours de l’année passée, à voir des proches, faute de moyens de locomotion. Au total, plus de 3 millions d’aînés se sentent isolées en raison de leurs faibles possibilités de déplacement.

Le rapport souligne également que la pauvreté aggrave ce cercle vicieux. Les personnes âgées modestes sont ainsi plus de 2,5 fois plus nombreuses que les autres à avoir renoncé à rendre visite à leurs proches. Elles sont aussi deux fois plus nombreuses à se sentir isolées à cause de leurs difficultés de mobilité.

« Quand la mobilité s’amoindrit ou disparaît, ce ne sont pas uniquement les déplacements qui s’arrêtent, alerte Yann Lasnier, délégué général des Petits frères des pauvres. Ce sont aussi les visites aux proches, l’accès aux soins, les activités et, peu à peu, la vie sociale. »

Pour remédier à cette situation, l’association formule des préconisations. Elles sont articulées autour de quatre axes : adapter les logements et soutenir le maintien à domicile, aménager l’espace public avec un plan piéton pour tous, développer les mobilités solidaires et renforcer la prévention de la perte d’autonomie, notamment par la promotion de l’activité physique tout au long de la vie. Autant de pistes qui font écho au thème de cette 75e édition de la Semaine bleue.