Une stratégie nationale pour combattre la désinformation en santé
Face à la prolifération des fausses informations, le gouvernement a présenté sa stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Cette initiative vise à garantir l’accès à des contenus médicaux clairs et vérifiés.
Le 12 janvier, Stéphanie Rist, ministre de la Santé et de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a annoncé le lancement de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. « La désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins, indique la ministre dans le communiqué. Avec cette stratégie nationale, nous faisons le choix de l’écoute, de la transparence et de la science, pour permettre à chacune et chacun de disposer d’une information fiable et compréhensible, condition indispensable pour faire des choix éclairés en matière de santé. »
Une défiance envers la parole scientifique portée par les réseaux sociaux
Cette stratégie intervient dans un contexte de mise en doute de l’expertise scientifique et de la parole publique. Cette perte de confiance a des conséquences très concrètes. « Elle détourne des patients des soins, affaiblit la prévention et alimente des peurs parfois durables », précise Stéphanie Rist en introduction de la stratégie.
Par ailleurs, avec le numérique, les fake news sont diffusées à une vitesse et à une échelle inédites. « Sur les réseaux sociaux, des informations fausses ou trompeuses circulent massivement, parfois plus vite que les données scientifiques validées », déplore la ministre. Garantir à chacun un accès à une information fiable apparaît donc comme une priorité pour l’exécutif.
Quatre axes pour lutter contre la désinformation
La stratégie nationale s’appuie sur les conclusions d’une mission d’expertise indépendante lancée en août 2025. Elle s’articule autour de quatre axes complémentaires.
Le premier repose sur l’écoute et la consultation citoyennes. Des enquêtes d’opinion et un baromètre national permettront « d’analyser l’exposition à la désinformation en santé et les réflexes de vérification de l’information ». En parallèle, un Comité citoyen sera chargé de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics.
Le deuxième axe prévoit la création d’un Observatoire de la désinformation en santé. Il assurera une veille continue, publiera des analyses et coordonnera des travaux de recherche.
Troisièmement, le plan prévoit le déploiement d’un dispositif d’infovigilance en santé dès la fin janvier. L’objectif ici est de détecter rapidement les fausses informations, mais aussi de diffuser des réponses pédagogiques, notamment via le site public Sante.fr.
Enfin, le quatrième axe vise à bâtir un socle de confiance. Il est ainsi envisagé de renforcer l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge. Cela passera notamment par la rédaction de kits pédagogiques sur l’information en santé (lire aussi notre article). Le gouvernement entend aussi poursuivre la responsabilisation des plateformes numériques.
Une démarche collective
Pour combattre la désinformation, l’exécutif mise sur la mobilisation de tous. Les professionnels de santé et les chercheurs, mais aussi les journalistes, les enseignants, les associations, les créateurs de contenus, les plateformes numériques et plus largement les citoyens sont donc invités à y prendre part. Comme le souligne Stéphanie Rist : « Lutter contre la désinformation en santé, c’est protéger. » « Protéger les individus et protéger notre système de santé », ajoute-t-elle.

