Le vapotage n’est pas sans risque pour la santé
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes possibles liés au vapotage, y compris en l’absence de nicotine. Elle appelle ainsi à une vigilance accrue, notamment vis-à-vis des jeunes et des non-fumeurs.
En France, plus de trois millions de personnes vapotent quotidiennement, selon le Baromètre 2024 de Santé publique France. Un chiffre significatif qui a poussé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à étudier l’impact du vapotage sur la santé.
L’inhalation de substances toxiques en cause
Les dangers du tabac fumé, qui repose sur une combustion, sont avérés et abondamment documentés. À l’inverse, ceux du vapotage, qui n’est apparu qu’en 2010, sont encore assez peu connus.
Dans son expertise, l’Anses s’est penchée sur les substances inhalées lors de l’utilisation d’une vapoteuse. Elle s’est notamment intéressée à plusieurs aldéhydes, reconnus pour leurs effets toxiques. D’autant que l’absence de combustion n’empêche pas leur présence. L’agence indique donc que « l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur ».
Des risques cardiovasculaires et respiratoires possibles
Dans ses analyses, l’Anses relève ainsi la survenue « probable » d’effets cardiovasculaires, comme une augmentation de la pression artérielle, en présence de nicotine. Et même quand cette dernière est absente, elle signale des impacts probables sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse. Elle pointe enfin « la survenue possible d’effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine ».
Toutefois, la distinction entre les effets propres au vapotage et ceux liés du tabac demeure complexe, précise l’Anses. La quasi-totalité des vapoteurs adultes sont en effet des fumeurs ou anciens fumeurs.
Protéger les jeunes et éviter la banalisation
Afin de limiter les risques, l’agence recommande une meilleure information des consommateurs. Elle rappelle aussi la responsabilité des fabricants quant à la sécurité des produits. Elle soutient enfin un encadrement renforcé des ingrédients utilisés.
Par ailleurs, l’Anses appelle à écarter toute incitation au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes. Chez les adolescents, l’attrait des arômes fruités et l’effet de mode jouent un rôle déterminant. De plus, la présence de la nicotine pose un enjeu majeur de dépendance. L’application stricte de l’interdiction de vente aux mineurs et de la publicité reste donc essentielle.
Une aide possible, mais transitoire, au sevrage tabagique
Malgré ces mises en garde, la cigarette électronique peut constituer une solution temporaire pour les fumeurs en difficulté. Elle doit alors s’inscrire dans une démarche de sevrage et en usage exclusif (lire aussi notre article). Les professionnels de santé ont ici un rôle clé à jouer pour accompagner, informer et orienter les usagers vers un arrêt durable du tabac.

