© Shutterstock

MICI : manger mieux pour éviter les rechutes

Le 19 mai, journée mondiale des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), met chaque année en lumière la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH). L’alimentation joue un rôle clé, non seulement dans la prévention de ces maladies, mais aussi pour prolonger les périodes de rémission. Quel régime faut-il alors adopter selon la science ?

Certaines habitudes alimentaires influencent le risque de développer une MICI. Les régimes riches en fibres, les aliments non transformés, le régime méditerranéen et les régimes anti-inflammatoires semblent protéger contre la maladie de Crohn, tandis qu’aucune association claire n’émerge pour la rectocolite hémorragique. Chez les patients déjà diagnostiqués, les recommandations européennes actuelles (2024) privilégient un régime « méditerranéen ». La consommation de viande rouge est souvent liée à une aggravation, tandis que les fruits et légumes semblent protecteurs. Un régime de type occidental a été associé à des poussées de MICI.

Des nouvelles données sont apportées par une étude française issue de la cohorte nationale Mikinautes : un régime à dominance végétale pourrait diminuer le risque de rechute des MICI stabilisées, c’est-à-dire au cours de la rémission. Ainsi, une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses et noix réduirait d’environ 50 % le risque de rechute chez les patients atteints de la maladie de Crohn, tandis qu’une consommation élevée de fruits offrirait un effet protecteur comparable dans la rectocolite hémorragique.

Pour parvenir à cette conclusion, près de 700 patients âgés de plus de 6 ans ont été inclus dans l’étude, grâce notamment à l’association de patients François-Aupetit. Les participants ont rempli en ligne des questionnaires détaillés sur leurs habitudes alimentaires sur douze mois et leur état de santé. À l’inclusion, 77 % d’entre eux étaient en rémission. Après un an, 36 % des patients présentaient une activité de la maladie.

Place à l’alimentation végétale

L’étude a identifié quatre profils alimentaires distincts influençant le risque de rechute des MICI. 

Chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn, le deuxième profil, qualifié d’« healthy diet » (régime sain), se caractérise par une forte consommation de légumes, fruits, noix, légumineuses, céréales, œufs et boissons non sucrées ainsi qu’une faible consommation de produits laitiers, desserts, pain et aliments gras ou sucrés. Ce régime était associé à une réduction de moitié du risque de rechute. Pour la maladie de Crohn, consommer des légumes riches en vitamine K (des légumes verts à feuille, brocolis, chou…) semble aussi réduire le risque de rechute de 60 %. Cependant, chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique, seule une consommation élevée de fruits était associée à une diminution, de près de moitié, du risque de rechute.

Selon l’ingénieure en biostatistiques et épidémiologiste du groupe Mikinautes (CHU de Lille), Hélène Sarter, l’étude « basée sur une large cohorte nationale prospective avec un suivi médian de deux ans et une définition stricte des rechutes, montre que, malgré certaines limites (données autodéclarées…), l’alimentation est un facteur majeur et modifiable dans la prise en charge des MICI. L’adoption d’habitudes favorables, dite “healthy diet”, pourrait réduire le risque de rechute, agissant comme mesure préventive complémentaire aux traitements médicaux. »  

Hélène Joubert

Référence : OP 223, congrès européen de gastro-entérologie (UEGW, 6/10/2025), intervention d’Hélène Starter : « A healthy dietary pattern and fruit consumptions are associated with a halved risk of relapse in Crohn Disease and Ulcerative Colitis respectively:  A large prospective nationwide study in France ».