Sécurité routière : quand les notifications deviennent un « son qui tue »
L’association Victimes & Citoyens lance une campagne de sensibilisation originale. Pour alerter les conducteurs sur les dangers du téléphone au volant, elle a créé une musique à partir de sons de notifications.
En 2024, 419 personnes ont perdu la vie et 56 600 ont été blessées à cause d’un geste risqué mais banal : consulter son téléphone au volant. Face à cette réalité alarmante, l’association Victimes & Citoyens, qui lutte contre l’insécurité routière, lance une campagne de communication. Intitulée « Le son qui tue », elle sensibilise sur les dangers de l’hyperconnexion en misant sur la musique et l’émotion.
Les notifications détournent notre attention de la route
Chaque jour, les Français reçoivent en moyenne 80 notifications sur leur smartphone, selon l’association. Autant de raisons de détourner les yeux de la route. D’ailleurs, 80 % des conducteurs avouent utiliser leur téléphone en conduisant. Ce taux grimpe même à 83 % chez les 18-24 ans.
Malgré les différentes campagnes de prévention passées, ce réflexe dangereux persiste. Ces sons intempestifs détournent l’attention, interrompent la concentration et peuvent conduire à des accidents. Mais, « au volant, aucune notification ne vaut une vie », rappelle Julien Thibault, président de Victimes & Citoyens.
Transformer les sons de notifications en un hymne électro
Pour réussir à toucher le plus grand nombre, l’association a collaboré avec l’artiste français Saint X, aux plus de 9 millions d’écoutes. Son univers « mêle musique électronique, narration cinématographique et émotion brute », précise l’association. Il a ainsi composé un morceau entièrement créé à partir de sons de notifications intitulé « Life is calling ».
Dans une vidéo, il explique comment il a réussi à relever ce défi. Il y dévoile son processus de création pour réaliser cette musique et transmettre un message de prévention. Le titre est d’ailleurs disponible sur les plateformes de streaming (Spotify, Deezer, etc.).
Au volant, « un message peut attendre »
Avec cette campagne, Victimes & Citoyen s’adresse aux jeunes conducteurs mais pas seulement. Aujourd’hui, tous les Français sont distraits par les notifications issues des différentes applications.
Le but n’est pas d’interdire les smartphones, mais bien de réveiller les consciences. « Nous demandons d’arrêter de confondre urgence et notification, confirme l’association. Parce qu’un message peut attendre. Parce qu’un son n’est jamais anodin. Parce qu’au volant, la vie appelle plus fort que n’importe quelle notification. »
Elle insiste aussi sur une question simple : « qu’est-ce qui mérite vraiment qu’on décroche au volant ? ». Une interrogation qui invite à réfléchir à notre rapport aux écrans (lire aussi notre article) et à rester vigilant, surtout sur la route.

