La formation aux premiers secours en santé mentale connaît un intérêt croissant : 300 000 personnes en ont déjà bénéficié. Une avancée.

© Shutterstock

300 000 Français formés aux premiers secours en santé mentale

Le programme de formation aux premiers secours en santé mentale connaît un intérêt croissant : 300 000 personnes en ont déjà bénéficié. Une avancée majeure dans un contexte où les troubles psychiques touchent près d’un Français sur quatre au cours de sa vie.

L’association Premiers secours en santé mentale (PSSM France) se félicite d’avoir franchi une étape importante en avril 2026. Plus de 300 000 secouristes ont ainsi été formés. « Un cap symbolique, dans un contexte où la santé mentale est érigée en Grande Cause nationale pour la deuxième année consécutive », estime l’association dans un communiqué.

La santé mentale : un enjeu de société

PSSM France a été fondée en 2018. Elle a notamment pour mission de sensibiliser le grand public aux enjeux autour de la santé mentale et de promouvoir les formations aux premiers secours. Sa raison d’être est de « lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques et les préjugés dont sont victimes les personnes atteintes de troubles de santé mentale ». Elle ambitionne aussi de « contribuer à une meilleure identification et prise en charge des personnes souffrant de ces maladies ».

Ces actions sont capitales. En effet, un quart de la population française sera confronté à un trouble psychique au cours de son existence. Pourtant, les tabous et la méconnaissance persistent, retardant souvent les soins.

16 % des Français concernés par des épisodes dépressifs en 2024

Le Baromètre de Santé publique France, publié en décembre 2025, révèle ainsi qu’en 2024, 16 % des 18-79 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé (EDC). Les jeunes adultes de 18 à 29 ans (22 %) et les femmes (18 % versus 13 % des hommes) étaient particulièrement concernés.

La prévalence des EDC était alors trois fois plus élevée parmi les personnes ayant une situation financière difficile (28 %). Elle était de 9 % chez celles se déclarant à l’aise. « Les chômeurs (25 %), les inactifs (24 %) et les étudiants (22 %) sont aussi plus exposés que les actifs en emploi (15 %), tout comme les personnes vivant seules (19 %) ou en famille monoparentale (21 %) », précise l’institution.

Malgré tout, le recours aux soins demeure limité. Ainsi, 56 % des personnes qui ont connu un EDC dans l’année n’ont pas consulté. « Cette proportion est plus marquée chez les hommes (65 %) que chez les femmes (50 %) », ajoute Santé publique France.

Premiers secours en santé mentale : savoir agir au quotidien

Le secouriste en santé mentale a donc un rôle crucial à jouer. Certes, il n’est pas un professionnel de santé. Mais ce citoyen est formé à repérer les signes de détresse chez un proche. Il peut ensuite l’orienter vers les bonnes ressources. Son intervention participe à limiter l’isolement et à faciliter une prise en charge précoce.

Concrètement, la formation, dispensée par des personnes accréditées par l’association, est accessible à tous les majeurs, sans prérequis. Elle dure 14 heures et coûte aux alentours de 250 euros (finançables par différents dispositifs).

« Chaque personne formée est un maillon essentiel d’un vaste réseau d’entraide et de vigilance, explique Caroline Jeanpierre, directrice de PSSM France. Nous permettons à chaque citoyen de s’approprier des outils concrets pour soutenir son entourage et briser les tabous. »

Atteindre les 750 000 secouristes d’ici à 2030

Fin 2023, plus de 75 000 personnes étaient aptes à prodiguer les premiers secours en santé mentale (lire notre article). Aujourd’hui, le cap des 300 000 formés est atteint, mais PSSM France veut aller encore plus loin. L’association souhaite arriver à 750 000 secouristes d’ici à 2030. Un défi de taille, mais qui n’en demeure pas moins accessible, dans l’intérêt de tous.