Cancer du col de l’utérus : une maladie majoritairement évitable
Cette Semaine européenne de prévention et de dépistage des cancers du col de l’utérus est l’occasion de rappeler l’importance de la prévention par la vaccination et du dépistage précoce. Deux gestes simples qui permettent de réduire drastiquement l’incidence de ce cancer.
Jusqu’au 31 janvier, se déroule la Semaine européenne de prévention et de dépistage des cancers du col de l’utérus. Cet événement a pour objectif de faire connaître les outils de lutte à la disposition de tous. Il est en effet possible de se prémunir de ce cancer grâce à la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) et au dépistage.
Un enjeu de santé publique
L’Institut national du cancer (Inca) le confirme. « 90 % des cancers du col de l’utérus peuvent être évités grâce au dépistage des lésions précancéreuses », indique-t-il. « La vaccination des filles et des garçons âgés de 11 à 14 ans permet de se protéger contre les HPV, principal facteur de risque de ces cancers », ajoute-t-il. Ces deux armes complémentaires forment donc un bouclier efficace contre la maladie.
Informer la population est d’autant plus important que le cancer du col de l’utérus demeure un enjeu de santé publique. En France, 3 159 femmes ont ainsi reçu un diagnostic, en 2023 d’après le Panorama des cancers 2025 de l’Inca. En 2022, ce dernier a comptabilisé 836 décès.
Une protection précoce grâce à la vaccination contre les papillomavirus
Pour se protéger du cancer du col de l’utérus, la première étape primordiale consiste à se faire vacciner. En France, l’injection est recommandée pour les filles et les garçons dès l’âge de 11 ans (deux doses). Une campagne est d’ailleurs menée, chaque année depuis 2023, auprès des collégiens de 5e (lire notre article). L’injection a lieu gratuitement, sur autorisation parentale. Cette mesure vise à toucher un maximum de jeunes avant qu’ils ne deviennent sexuellement actifs, période à partir de laquelle le risque d’infection par les HPV augmente.
Enfin, un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans pour ceux qui n’auraient pas été vaccinés plus tôt (trois doses).
L’importance du dépistage
Si la vaccination est cruciale, elle ne dispense pas du dépistage. En France, un programme national organisé cible les femmes âgées de 25 à 65 ans. Entre 25 et 29 ans, une cytologie est recommandée tous les trois ans après deux frottis annuels normaux. À partir de 30 ans, un test HPV-HR, pour recherche des souches de HPV à haut risque, est préconisé. Il est réalisé tous les cinq ans. Mais aujourd’hui, 40 % des femmes concernées ne participent pas encore ou pas régulièrement au dépistage.
Afin d’améliorer la participation, la Société française de colposcopie et de pathologie cervicovaginale (SFCPCV) propose d’autoriser l’autoprélèvement vaginal (lire aussi notre article). Un kit serait adressé aux femmes de plus de 30 ans, qui n’ont pas répondu aux invitations de dépistage, pour qu’elles puissent le réaliser elles-mêmes à domicile. En cas de résultat positif, un prélèvement cervico-utérin serait alors pratiqué par un professionnel de santé. Un suivi médical demeurerait indispensable tout au long du parcours.
Vers l’élimination du cancer du col de l’utérus d’ici 2030 ?
Au niveau international, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé un objectif ambitieux. Chaque pays, devra d’ici 2030, « être sur la voie de l’élimination du cancer du col de l’utérus ». Pour y parvenir, trois cibles ont été définies : vacciner 90 % des jeunes filles de 15 ans, dépister 70 % des femmes à 35 et 45 ans, et assurer une prise en charge adaptée pour 90 % des cas détectés.
Le cancer du col de l’utérus n’est pas une fatalité. Grâce à la vaccination et au dépistage, il est possible de réduire considérablement son incidence et sa mortalité. Il est donc temps d’agir – individuellement et collectivement – pour lutter efficacement contre ce cancer.

