La France franchit une étape décisive vers l’adoption d’une proposition de loi en faveur de la prévention cardioneurovasculaire.

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Une loi pour améliorer la prévention cardioneurovasculaire

La France franchit une étape décisive vers l’adoption d’une proposition de loi en faveur de la prévention cardioneurovasculaire. Objectif : accentuer la lutte contre la deuxième cause de mortalité dans le pays.

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, le 8 avril, une proposition de loi visant à accélérer la prévention cardioneurovasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur. Celle-ci est portée par Yannick Neuder, député de l’Isère (droite républicaine). Il a aussi été ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, de décembre 2024 à octobre 2025.

Une mobilisation en faveur de la santé publique

Ce texte est le fruit d’un travail mené par plusieurs acteurs. Ainsi la Société française de cardiologie (SFC), la Fédération française de cardiologie, ou l’Académie nationale de médecine notamment y ont participé. « Cette dynamique collective a permis de porter une ambition commune : structurer une véritable politique de prévention à tous les âges de la vie », estime la SFC sur son site.

Les maladies cardioneurovasculaires représentent actuellement la deuxième cause de mortalité en France. Or, leur survenue pourrait être drastiquement réduite grâce à une approche préventive plus précoce et mieux organisée. L’enjeu est de taille : passer d’un système centré sur le curatif à une logique d’anticipation.

Un dépistage cardioneurovasculaire ciblé

Le texte encourage en conséquence le développement d’un dépistage cardioneurovasculaire. Celui-ci serait effectué à des moments clés, comme lors des bilans de santé (lire notre article) ou des consultations préventives.

Le but est d’identifier précocement des facteurs de risque tels que l’hypertension, le diabète ou l’excès de cholestérol. Ces derniers pourront alors être pris en charge avant qu’ils n’engendrent un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (AVC), par exemple.

Systématiser le dépistage vise également à favoriser l’accès aux soins. Cette mesure devrait permettre de réduire les inégalités territoriales qui persistent.

Sensibiliser en milieu professionnel

La proposition de loi s’attaque aussi au monde professionnel. Le lieu de travail est, en effet, un terrain d’action intéressant pour toucher les actifs. Le texte invite ainsi les entreprises à intégrer des programmes de sensibilisation autour de la consommation d’alcool, du tabagisme, de la sédentarité et des autres facteurs de risque.

Ces actions seront mises en place en partenariat avec une association de prévention en santé agréée, une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), des étudiants en santé, une mutuelle, un institut de prévoyance ou une assurance.

Par ailleurs, la visite médicale avec le médecin du travail sera l’occasion de réaliser un dépistage cardioneurovasculaires précoce. Cet examen comprendra « une évaluation clinique et biologique », précise le texte.

Une attention spécifique au cœur des femmes

Longtemps négligée, la santé cardioneurovasculaire féminine est également mise en avant dans la proposition. En France, près de 200 femmes meurent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire (lire notre article). Celles-ci présentent parfois des symptômes atypiques qui retardent leur prise en charge. Elles sont, de plus, confrontées à des facteurs de risque spécifiques liés notamment à la grossesse ou à la ménopause. D’où l’importance d’ajuster les dépistages à cette population. « En intégrant cette dimension, le texte contribue à une médecine plus équitable et mieux adaptée aux réalités cliniques », considère la SFC.

Une vision européenne de la prévention cardioneurovasculaire

La proposition du député Neuder s’inscrit dans la continuité du plan européen Safe Hearts. Ce dernier promeut une approche coordonnée de la prévention cardioneurovasculaire. Il met également l’accent sur les besoins particuliers des groupes vulnérables tels que les enfants, les jeunes et les femmes. « La prévention est le moyen le plus efficace au regard des coûts pour faire face à la charge que représentent les maladies cardiovasculaires et les principaux facteurs de risque, tels que le diabète et l’obésité », rappelle la Commission européenne.

Si la proposition de loi était définitivement adoptée, la France pourrait de fait devenir un modèle en matière de prévention. La balle est désormais dans le camp du Sénat qui doit, à son tour, l’examiner.