L’Assurance maladie a bloqué 723 millions d’euros de fraudes, dont 49 millions d’euros liés aux arrêts de travail.

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Fraudes : 723 millions d’euros détectés en 2025 par l’Assurance maladie

L’Assurance maladie a bloqué 723 millions d’euros de fraudes, un record. Ce résultat illustre l’efficacité croissante des dispositifs de contrôle et de prévention, mais aussi l’évolution des méthodes frauduleuses.

Le montant des fraudes interceptées par l’Assurance maladie en 2025 est vertigineux : 723 millions d’euros. Il est en hausse de 15 % par rapport à 2024 et dépasse même largement l’objectif de 550 millions d’euros qui avait été fixé. « Depuis 2021, les résultats de la lutte contre la fraude de la branche maladie ont triplé », se félicite l’Assurance maladie.

Différents acteurs en cause

Si les assurés sont à l’origine de plus de la moitié des cas détectés (53,4 %), leur impact financier demeure limité. En effet, les fraudes qui leur sont associées ne représentent que 15,8 % du préjudice total. Ainsi, 28 % des cas sont attribués aux professionnels de santé (libéraux et centres de santé). Mais, cela équivaut à 73,5 % des montants découverts. Viennent ensuite les établissements (responsables de 17,7 % des fraudes et 10,4 % des montants), et les employeurs (respectivement 0,8 % des cas et 0,2 % des montants).

Cette répartition entre les différents acteurs est restée stable au fil des années, selon l’Assurance maladie.

Plus de contrôles des arrêts de travail

Cela étant, la lutte contre la fraude aux arrêts de travail constitue un enjeu majeur pour l’institution. En 2025, 49 millions d’euros ont été bloqués (contre 42 millions en 2024). Les équipes de l’Assurance maladie ont ainsi identifié 9 700 dossiers suspects (versus 8 400 en 2024, soit + 16 %). En parallèle, les sanctions se sont aussi durcies. Près de 6 500 pénalités financières, pour une somme totale de 25 millions d’euros, ont ainsi été prononcées en 2025.

Pour limiter les abus, un formulaire Cerfa sécurisé pour les arrêts de travail a été mis en place en septembre 2025. Les documents non conformes ont depuis été systématiquement rejetés. Par ailleurs, 85 % des arrêts sont désormais transmis de manière dématérialisée via un logiciel sécurisé, réduisant les risques de falsification.

De plus, une bataille contre les sites illégaux vendant de faux arrêts en ligne a été lancée. Des enquêtes sont menées pour remonter ces réseaux et sanctionner les responsables.

L’Assurance maladie a également identifié 13,5 millions d’euros de fraudes pour exercice d’activité non autorisée pendant un arrêt de travail. Elle multiplie donc les contrôles auprès des salariés, mais aussi des travailleurs indépendants. Ces derniers sont à l’origine de 2,6 millions d’euros de préjudice sur ce volet.

Les centres de santé sous surveillance

Les centres de santé sont, eux aussi, dans le viseur de l’institution. La lutte contre les fraudes commises par certains d’entre eux « demeure une priorité forte ». En 2025, 138 millions d’euros ont ainsi été stoppés. « Les actions conduites ces dernières années ont permis d’endiguer un certain nombre de dérives, notamment grâce aux contrôles coordonnés à l’échelle nationale et aux déconventionnements, précise l’Assurance maladie. 74 centres de santé ont été déconventionnés depuis 2023. »

L’intelligence artificielle et les assurés, des alliés contre les fraudes

Pour continuer d’améliorer la détection des fraudes, l’institution mise sur l’innovation. Des outils d’intelligence artificielle sont testés pour repérer des facturations suspectes d’aides auditives, détecter des incompatibilités dans les actes facturés et croiser automatiquement prescriptions et remboursements.

Les assurés, quant à eux, sont de plus en plus sollicités. Depuis 2025, ils sont invités à signaler les actes ou paiements qui semblent suspects sur leur compte Ameli. Ainsi, 2 000 alertes ont été reçues début 2026, dont 430 ont conduit à des investigations approfondies. Cela a permis d’éviter près de 150 000 euros de préjudices.

Ce système de signalement devrait être simplifié à la mi-2026. Il sera alors possible d’alerter en un clic, directement depuis son historique de paiement.

Un engagement en phase avec les attentes des Français

L’Assurance maladie ne relâche donc pas ses efforts et son combat s’inscrit pleinement dans les aspirations des citoyens. Les États généraux de la santé et de la protection sociale ont, en effet, révélé que les Français souhaitaient un contrôle des fraudes plus rigoureux et des sanctions plus sévères (lire notre article). Le but est ici de maîtriser les dépenses afin de préserver notre système de santé.