L’interdiction de vente d’alcool aux mineurs trop peu respectée
Selon une étude menée cet été par Addictions France, 87 % des débits de boissons testés ont vendu de l’alcool à des mineurs. L’association appelle donc les professionnels à renforcer les contrôles et à former leurs équipes.
Supermarchés, supérettes, épiceries, bars… D’après une campagne d’achats-tests menée cet été par Addictions France à Montpellier (34), Brest (29) et aux Sables-d’Olonne (85), 87 % des 124 établissements contrôlés ont vendu de l’alcool à des mineurs. Il s’agit d’une « défaillance généralisée des débits de boissons quant au respect de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs », explique l’association dans son communiqué.
L’âge du consommateur trop rarement vérifié
La vérification de l’âge des consommateurs est ainsi négligée. Dans 92 % des cas, les vendeurs ne demandent aucun justificatif d’identité. Dans la grande distribution (supérettes, supermarchés, hypermarchés), 80,5 % des achats-tests aboutissent à une vente illégale. Le taux atteint même 85 % dans les épiceries et 92 % dans les bars.
À l’inverse, lorsque les professionnels contrôlent l’âge du consommateur, la vente est refusée dans près de huit cas sur dix.
Le « réflexe 25 ans » encouragé pour la vente d’alcool
Face à ces constats, Addictions France estime que la vérification de l’âge doit devenir un automatisme. « Quand près de neuf débits de boissons sur dix vendent de l’alcool à des mineurs avec le même constat réalisé chaque année, nous ne sommes pas face à des erreurs isolées mais face à un dysfonctionnement systémique, s’insurge Amine Benyamina, président d’Addictions France. Vérifier l’âge doit devenir un réflexe professionnel aussi banal que l’encaissement lui-même. »
L’association recommande notamment aux débitants de boissons d’adopter le « réflexe 25 ans ». Ce dernier consiste à demander systématiquement une pièce d’identité à toute personne paraissant avoir moins de 25 ans.
Les professionnels sont également invités à vérifier la conformité de l’affichage obligatoire dans leur établissement. Ils doivent aussi mettre en place des outils facilitant le contrôle. Certaines solutions permettent de bloquer automatiquement la caisse et de demander la date de naissance avant la vente d’alcool.
Sensibiliser les débitants de boisson pour renforcer le contrôle
Pour accompagner les responsables et leurs équipes, Addictions France met à disposition, sur son site, un module de sensibilisation gratuit. Intitulé « Interdiction de vente d’alcool aux mineurs : adoptez les réflexes qui protègent » (lire aussi notre article), il s’adresse aux gérants, aux salariés, mais aussi aux saisonniers et aux bénévoles des débits de boissons.
L’association appelle par ailleurs les fédérations professionnelles à renforcer leur engagement pour faire évoluer les pratiques. Elle salue notamment la campagne « Ça passe pas », portée par la Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité (FECP) et lancée chez ses adhérents. Elle vise à « accompagner les commerçants, soutenir les équipes en magasin et rappeler une règle simple au grand public : sans preuve de majorité, pas de vente », indique la FECP.
Des sanctions en cas de vente illégale
D’autant que le non-respect de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs expose les professionnels à des sanctions pénales et administratives. En cas de condamnation, ils peuvent être amenés à devoir payer une amende. Elles sont aussi obligées d’afficher le jugement dans leurs locaux. Les préfectures ont, de leur côté, la possibilité de prononcer des fermetures administratives pour faire respecter l’interdiction.
Addictions France, poursuit, quant à elle, ses campagnes de tests en 2026 et 2027. Elles sont menées en lien avec les pouvoirs publics, grâce au Fonds de lutte contre les addictions. L’objectif affiché est clair : faire du contrôle de l’âge un réflexe professionnel pour que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs soit pleinement appliquée.

