Allergies : une épidémie silencieuse
- Par CIEM / Léa Vandeputte
- 24 juin 2026
- 4 minutes
La Semaine mondiale de l’allergie, qui se déroule jusqu’au 27 juin, est l’occasion d’alerter sur la progression importante de cette pathologie. Cette dernière, encore trop souvent banalisée, peut pourtant s’avérer particulièrement handicapante.
En France, environ une personne sur trois est allergique, un chiffre en constante augmentation. Malgré cela, 65 % des Français continuent de minimiser ce phénomène. À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allergie 2026, qui a lieu du 21 au 27 juin, l’Association française pour la prévention des allergies (Afpral) communique sur cette « épidémie silencieuse ».
Une progression fulgurante des allergies
Les chiffres sont, en effet, sans appel. En France, 25 à 30 % de la population en souffre. Dans les pays développés par exemple, la fréquence des allergies respiratoires a été multipliée par 3 en 30 ans. En dix ans, la prévalence des allergies alimentaires a, quant à elle, doublé. Pire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la moitié de la population pourrait être concernée d’ici à 2050 (tous types confondus).
Pourtant, malgré cette ampleur, les conséquences peinent à être correctement prises en compte. « Les allergies ne sont pas anodines, insiste l’Afpral. Elles appellent une reconnaissance pleine et entière, à la hauteur de leur impact réel sur la vie des patients. »
Un effet psychologique et social sous-estimé
Ces affections chroniques ont ainsi des répercussions sur le quotidien. Selon l’association, 78 % des personnes allergiques ressentent de l’angoisse. Elles sont 71 % à être confrontées à un sentiment d’isolement, et 37 % à un sentiment d’injustice. Les troubles du sommeil touchent même près d’un patient sur deux.
Les allergies ont par conséquent un impact sur les performances mais aussi sur l’absentéisme et plus globalement, sur les rapports avec les proches. « Elles touchent la scolarité, la vie professionnelle, les relations sociales — et la santé mentale », confirme l’Afpral.
Un dérèglement du système immunitaire
Il faut savoir que les allergies regroupent un ensemble des symptômes : rhinite, éruption, œdème… Ceux-ci surviennent lors de l’exposition à un allergène auquel la personne est sensibilisée. Il peut s’agir d’une substance aérienne (pollen, moisissure…), alimentaire (poisson, arachide… ; lire aussi notre article), médicamenteuse ou encore d’un venin (hyménoptère, serpent…).
Ces allergies résultent d’un dérèglement du système immunitaire. Ce dernier est ainsi responsable d’une perte de tolérance. « Une fois qu’elle est sensibilisée à un allergène, la personne allergique présente, à chaque nouveau contact, une réaction inadaptée de l’organisme et donc des manifestations de son allergie », explique l’Assurance maladie sur son site.
L’importance de l’environnement dans la survenue des allergies
L’augmentation du nombre de cas « semble liée à divers facteurs environnementaux qui favoriseraient l’expression de la sensibilité génétique à l’allergie (atopie) », indique l’institution.
Dans le détail, le développement de l’hygiène, qui a réduit l’exposition aux allergènes, pourrait induire une moindre tolérance. L’utilisation de produits chimiques et de détergents ainsi que la pollution extérieure seraient aussi susceptibles de fragiliser les barrières corporelles. De plus, le réchauffement climatique conduit à un allongement de la saison des pollens. Enfin, « les changements dans les pratiques alimentaires et la multiplication des médicaments augmentent les risques d’exposition à des allergènes », note l’Assurance maladie.
Un sujet majeur de santé publique
Face à cette réalité, les allergies constituent un véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi cette Semaine mondiale est l’occasion idéale pour sensibiliser et mobiliser tous les acteurs.
Au niveau individuel, informer est essentiel pour limiter les expositions à certains allergènes. Et ce, même si cela peut être plus ou moins contraignant. Une personne allergique aux œufs n’en consommera plus. Une autre, allergique aux pollens, évitera de faire sécher son linge dehors.
Au niveau collectif, les pouvoirs publics doivent également se saisir du sujet. Diffuser les messages de prévention auprès des patients est un premier pas. Viens ensuite l’amélioration la prise en charge afin d’offrir une meilleure qualité de vie aux allergiques. Enfin, le dernier point, plus ambitieux, consiste à lutter contre la pollution et le réchauffement climatique. Autant de défis à relever pour tenter d’améliorer la situation.

