Le molluscum contagiosum est une infection cutanée fréquente chez les enfants qui, bien que contagieuse, guérit très souvent spontanément.

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Ce qu’il faut savoir sur le molluscum contagiosum chez l’enfant

Le molluscum contagiosum est une infection cutanée fréquente chez les enfants qui suscite l’inquiétude des parents. Pourtant, les spécialistes sont rassurants : bien que contagieuse, elle reste bénigne et disparaît très souvent spontanément. Explications.

Si de petites papules brillantes indolores, ressemblant à des perles de couleur chair ou blanche, apparaissent sur la peau de votre enfant, pas d’inquiétude. Il s’agit probablement du molluscum contagiosum. Cette infection est bénigne mais contagieuse, indique la Société française de dermatologie et de pathologie sexuellement transmissible (SFD) dans son communiqué.

Courant mais sans gravité

Le molluscum contagiosum est causé par un virus de la famille des poxvirus. Il se manifeste par des lésions cutanées (lire aussi notre article). Celles-ci sont en relief et mesurent de 2 à 5 millimètres de diamètre avec une petite dépression centrale. Elles se retrouvent le plus souvent sur le visage, le cou, les aisselles, le tronc et les fesses. Un simple examen clinique de la peau est suffisant pour poser le diagnostic.

« Le molluscum contagiosum est une infection très fréquente chez l’enfant, explique la docteure Juliette Miquel, dermato-pédiatre au centre hospitalier universitaire (CHU) de la Réunion et membre du conseil d’administration de la SFD Pédiatrique. Même si les lésions peuvent être nombreuses et persister plusieurs mois, il s’agit d’une infection bénigne, qui guérit spontanément sans laisser de cicatrice dans la grande majorité des cas. »

Une infection contagieuse

Le virus se propage en revanche aisément, notamment par contact direct avec la peau d’une personne infectée. La transmission survient aussi par autocontamination, lorsque l’enfant gratte ses lésions avant de toucher une autre partie de son corps. Les objets partagés, comme les serviettes, les vêtements ou les jouets, peuvent également servir de vecteurs. Enfin, plus rarement, les activités avec des contacts rapprochés ou le partage de matériel sont à même de favoriser la diffusion du virus.

« Les enfants atteints de dermatite atopique (eczéma) sont particulièrement exposés, leur peau étant plus fragile, précise la SFD. Les personnes immunodéprimées peuvent également développer des molluscums plus nombreux, diffus et de plus grande taille. »

Le traitement du molluscum contagiosum n’est pas systématique

Dans la majorité des cas, un traitement n’est pas nécessaire. Les lésions disparaissent à mesure que le système immunitaire élimine le virus. « La guérison survient spontanément, mais peut nécessiter plusieurs mois, parfois jusqu’à deux ans », prévient toutefois la SFD. « Parfois, alors que d’anciennes lésions disparaissent, de nouvelles apparaissent par contamination », ajoute-t-elle.

Une prise en charge peut être proposée lorsque les papules engendrent une gêne importante, notamment sur le plan esthétique. C’est également le cas quand il y a un eczéma autour du molluscum contagiosum, si des surinfections bactériennes surviennent, ou encore dans des situations où le risque de transmission est élevé, comme en collectivité.

Le traitement est alors personnalisé. Il prend en compte l’âge de l’enfant, les caractéristiques de l’infection, les difficultés ressenties, etc. Les options incluent des traitements locaux, un retrait des lésions sous anesthésie locale, voire une cryothérapie.

Des gestes simples pour limiter la propagation

En prévention, la SFD appelle à suivre quelques mesures d’hygiène. Elle recommande ainsi d’éviter de gratter ou de manipuler les papules. Elle préconise de ne pas partager les vêtements, les objets personnels, les serviettes de toilette mais aussi, de ne pas faire prendre de bain collectif à la fratrie.

Si l’enfant va à la piscine, les dermatologues conseillent « de couvrir les lésions exposées lorsqu’elles peuvent l’être par des lycras ou des pansements étanches et d’hydrater la peau après la baignade ». Mieux vaut également traiter tout eczéma sous-jacent.

Enfin, en cas de douleurs, d’inflammation ou de multiplication, il ne faut pas hésiter à demander l’avis de son médecin traitant.

Grâce à ces simples réflexes, les parents peuvent ainsi limiter les risques de contamination ou éviter la propagation du molluscum contagiosum. Finalement, ce dernier disparaîtra aussi discrètement qu’il est apparu.

Le molluscum contagiosum peut aussi toucher les adultes
Lorsque l’infection se produit à en bas âge, le système immunitaire réagit, ce qui crée une protection durable. Cela explique que cette affection soit plus fréquente chez les enfants que chez les adultes. Ces derniers peuvent cependant développer cette infection après une activité sexuelle avec un partenaire contaminé. Les lésions concernent alors plus souvent la région génitale, le bas du ventre et l’intérieur des cuisses.