Un appel pour faire du vieillissement une priorité nationale
« Les vieux méritent mieux », c’est le nom de la mobilisation dédiée au grand âge qui a eu lieu le 14 octobre 2026. À quelques mois de l’élection présidentielle, les organisateurs, dont la Mutualité française, souhaitent faire du vieillissement un sujet majeur.
Plus de 34 000 personnes étaient mobilisées, le 14 octobre 2026, partout en France, à l’occasion de la cinquième édition de l’événement « Les Vieux méritent mieux ». Cette opération était organisée à l’initiative de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) et soutenue par vingt organisations, dont la Mutualité française. Chaque établissement et services d’aide et de soins étaient invités à organiser des événements (fêtes, conférences, portes ouvertes, etc.). Ceux-ci ont réuni professionnels du grand âge, personnes âgées, familles, élus et bénévoles. Ils ont ainsi fait connaître les besoins des aînés (lire aussi notre article) et l’engagement des acteurs. L’occasion pour les organisateurs d’interpeller le gouvernement et les futurs candidats à l’élection présidentielle, pour faire du grand âge une priorité des politiques publiques.
La réalité du vieillissement démographique
Le vieillissement de la population constitue un défi majeur (lire aussi notre article). Aujourd’hui, les plus de 60 ans représentent un quart des Français. Elles pourraient en rassembler un tiers d’ici 2050, indique Santé publique France.
De plus, dans les cinq prochaines années, le nombre de personnes âgées de 75 à 84 ans devrait augmenter de 12 %. Celui des plus de 85 ans progressera quant à lui de 14 %. Ainsi, d’ici à 2040, 300 000 seniors supplémentaires connaîtront une forte perte d’autonomie. Cette évolution démographique suppose donc une adaptation de l’ensemble de la société. Cela concerne à la fois les soins et les services d’accompagnement, mais aussi les logements et les transports.
Un secteur sous tension
Mais le secteur est déjà en difficulté. Ainsi, 57,6 % des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) prévoient un résultat déficitaire en 2026. Ils étaient 42,7 % en 2025, selon une enquête de la Fnadepa d’octobre 2026. De même, 70 % de ces structures déclarent également manquer de personnel. En parallèle, les aides financières perçues diminuent. Elles sont passées de 237 000 euros en 2025 en moyenne, à 103 000 euros en 2026. Dans le même temps, les charges et les taxes augmentent.
Dans ce contexte, les participants à la mobilisation demandent un engagement politique fort et durable. Ils priorisent trois axes : le financement et la gouvernance, les droits et accompagnements des personnes, et l’adaptation de la société à la perte d’autonomie.
Des financements à la hauteur des besoins
La Fnadepa et ses soutiens réclament notamment une loi de programmation pluriannuelle consacrée au grand âge. À cela s’ajoute un effort budgétaire de 15 milliards d’euros supplémentaires par an.
Ils appellent également à simplifier les normes qui encadrent le secteur. Ils défendent la suppression du principe de la réserve prudentielle des financements dédiés à l’autonomie. Ce mécanisme vise à prévenir d’éventuels dépassements de dépenses en cours d’exercice budgétaire. Les organismes demandent par conséquent sa restitution, soit 215 millions d’euros gelés en 2026.
Renforcer le droit des résidents
Les droits des personnes âgées sont aussi au cœur des revendications. Ainsi, la liberté de choisir son lieu de vie et son accompagnement en fonction de ses besoins doit être garantie.
Il convient également d’assurer l’accessibilité financière des Ehpad, des services à domicile et des habitats intermédiaires. L’objectif est d’éviter tout renoncement, notamment en raison du manque de moyen financier. Le renforcement de la prévention de la perte d’autonomie et le repérage précoce des fragilités figurent également parmi les priorités défendues.
Adapter la société et augmenter le nombre de professionnels
La formation et le nombre de professionnels apparaissent également comme essentiels. « 100 000 recrutements supplémentaires seront nécessaires d’ici 2032 pour atteindre les objectifs fixés par la Drees [Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, NDLR], d’ici 2050 », rappelle la Fnadepa.
Les organisations militent également pour accélérer l’adaptation des infrastructures (transports et logements) au vieillissement. La préparation du secteur médico-social aux défis du changement climatique est aussi citée comme indispensable.
Enfin, elles proposent de faire du grand âge la Grande cause nationale de 2028.
À l’approche des échéances politiques, et face à ces nouveaux enjeux, les participants réclament des moyens et une véritable ambition pour accompagner le vieillissement de la population.

