Chaque année en novembre, des moustaches font leur apparition dans le cadre de Movember. Son objectif : informer sur la santé des hommes.

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Movember : un mois dédié à la santé masculine

Chaque année en novembre, des moustaches font leur apparition sur les visages et les photos de profil du monde entier. Derrière ce clin d’œil se cache une campagne de santé publique baptisée Movember. Son objectif : informer sur la santé des hommes.

La moustache est à l’honneur en novembre. Elle est le signe de ralliement pour montrer son soutien à Movember. Ce mot-valise est issu de la contraction de « mo », moustache en argot australien et de « november », novembre en anglais. Tout au long du mois, ce mouvement sensibilise aux pathologies masculines et collecte des fonds pour la recherche.

D’un défi entre amis à un événement international

Tout est parti d’un pari entre amis. En 2003, trois Australiens se lancent le défi de laisser pousser leur moustache pendant un mois. Face à l’intérêt et à la curiosité qu’ils suscitent dans leur entourage, ils décident d’aller plus loin en défendant une cause. Ils récoltent alors des dons pour la recherche sur le cancer de la prostate.

Rapidement, l’initiative devient virale sur le web. Elle est reprise à l’étranger, au Canada et au Royaume-Uni. En 2005, ses fondateurs créent une association. Ils élargissent alors leur champ d’action. Aux côtés du cancer de la prostate, ils s’intéressent au cancer des testicules, à la santé mentale et à la prévention du suicide masculin.

En France, les premiers moustachus apparaissent sur les réseaux sociaux dès 2007. Puis, la campagne y est officiellement lancée en 2012.

Le cancer de la prostate, premier cancer chez l’homme

L’originalité du dispositif ne doit pas masquer l’importance des enjeux. Le cancer de la prostate est, en effet, le plus fréquent chez l’homme (lire aussi notre article). D’après le Panorama des cancers 2026 de l’Institut national du cancer (Inca), 59 885 cas ont été comptabilisés en France en 2018. Cette pathologie est à l’origine de 9 002 décès en 2023. L’âge médian au diagnostic est de 69 ans cette même année.

Le cancer de la prostate débutant ne provoque généralement pas de symptôme. Son dépistage doit faire l’objet d’une discussion, entre le médecin et le patient, afin d’évaluer les bénéfices et les risques. Si ce dernier est d’accord, un dosage sanguin du PSA (pour prostate specific antigen), un marqueur de la prostate, est prescrit. Il « n’est pas assez fiable pour diagnostiquer un cancer, mais un taux élevé peut inciter à réaliser un examen complémentaire (un toucher rectal, par exemple) qui permettra de poser un diagnostic », précise l’Inca.

« Le choix de la stratégie de soins est adapté au cas personnel de chaque patient », indique l’institut. Celle-ci dépend des caractéristiques du cancer, de son stade, de son niveau d’agressivité… « Plusieurs traitements peuvent alors être proposés : chirurgie, radiothérapie externe, curiethérapie, hormonothérapie, surveillance active », ajoute-t-il.

Le cancer des testicules encore méconnu

Le cancer des testicules, moins connu, est quant à lui le plus fréquent chez les 15-35 ans. « Chaque année, environ 2 300 hommes sont diagnostiqués d’un cancer du testicule, tous âges confondus, ce qui en fait un cancer globalement rare », estime l’Inca.

Il se développe, le plus souvent, à partir des cellules qui produisent les spermatozoïdes. Le cancer est généralement diagnostiqué à la suite de l’apparition d’une masse dans le testicule. Celle-ci est majoritairement indolore mais elle peut, dans certains cas, provoquer une gêne ou être douloureuse.

Pour repérer un potentiel cancer précocement, l’autopalpation est préconisée. Elle est conseillée pour les hommes de 15 à 45 ans. Elle se pratique de préférence après la douche ou le bain pour que la peau des bourses soit assouplie (lire aussi notre article).

Face à un cancer, le traitement est personnalisé et adapté à chaque situation. L’ablation du testicule atteint par une intervention chirurgicale est courante. D’autres prises en charge, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent être également mises en œuvre. « Le cancer du testicule est qualifié de cancer de bon pronostic car son taux de survie, tous stades compris est l’un des plus élevé de tous les cancers », rassure l’Inca.

Parler de santé mentale pendant Movember

Mais la santé masculine ne se limite pas à ces deux cancers. La question de la santé mentale est aussi abordée à l’occasion de Movember. L’enjeu est alors de sortir du tabou : tout le monde peut avoir besoin à un moment de demander de l’aide. La représentation sociale de l’homme fort qui ne doit pas flancher retarde encore trop souvent une prise en charge.

D’ailleurs, « les hommes sont plus concernés par la mortalité par suicide (2,1 % de l’ensemble des décès masculins contre 0,7 % des décès féminins) », d’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). C’est ce qui ressort de son étude sur le sujet, parue en janvier 2026. Le suicide est ainsi trois fois plus fréquent dans la population masculine.

D’où l’importance de prendre la parole sur ces sujets. Les hommes qui sont en souffrance ne doivent pas se sentir seuls. « Nous misons sur la prévention, l’intervention précoce et des retombées concrètes afin que les hommes puissent renforcer leur santé mentale et recevoir le soutien des personnes qui les aiment », plaide Movember. L’association insiste également sur le fait que consulter un psychologue n’est pas un signe de faiblesse. C’est au contraire une première étape afin d’aller mieux.

Un mois de novembre solidaire

À chaque édition de Movember, arborer une vraie ou une fausse moustache est un prétexte pour mettre en avant des messages essentiels de santé publique. Ceux-ci sont relayés à la fois sur Internet et sur le terrain à travers des courses solidaires et des événements locaux. Autant d’occasions de récolter des fonds pour la recherche et de sensibiliser les hommes et leur entourage aux bons gestes pour préserver leur santé. S’informer et oser parler peut faire la différence et aider à vivre plus longtemps et plus heureux.