L’association Renistop lance une campagne nationale de sensibilisation au rétinoblastome, un cancer rare de la rétine qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. L’objectif est de faire connaitre les signes simples qui doivent alerter, et ainsi faciliter son diagnostic.

Renistop

Rétinoblastome : mieux repérer le cancer de la rétine chez l’enfant

L’association Rétinostop lance une campagne nationale de sensibilisation au rétinoblastome. Il s’agit d’un cancer rare de la rétine touchant principalement les enfants de moins de cinq ans. L’objectif est de faire connaître les signes d’alerte et ainsi faciliter son diagnostic.

Chaque année en France, près de soixante enfants sont diagnostiqués d’un rétinoblastome. Ce cancer rare de la rétine survient chez le nourrisson, parfois dès la naissance et jusqu’à l’âge de cinq ans. Malgré des signes cliniques relativement faciles à identifier, la maladie reste encore détectée trop tardivement (18 mois en moyenne). L’association Rétinostop lance donc une campagne nationale de sensibilisation en partenariat avec l’Institut Curie. Le but est d’apprendre aux parents, aux professionnels de santé et aux acteurs de la petite enfance à reconnaître rapidement les premiers symptômes qui doivent amener à consulter.

Les deux signes d’alerte du rétinoblastome

Deux symptômes simples, mais encore trop méconnus, doivent attirer l’attention des parents et des professionnels de santé. Un reflet blanc dans la pupille, appelé leucocorie, souvent visible sur des photos prises avec flash et un strabisme permanent, soudain, unilatéral ou bilatéral doivent entraîner une consultation ophtalmique en urgence. Dans certains cas, les parents signalent un reflet blanc qui n’est finalement pas confirmé lors de l’examen médical. Dans ce cas, un fond d’œil est réalisé.

L’importance d’un diagnostic précoce

Le rétinoblastome est le cancer intraoculaire le plus fréquent chez l’enfant. Son évolution rapide impose une prise en charge précoce. Grâce aux progrès de la recherche et des traitements (lire aussi notre article), le taux de survie dépasse aujourd’hui 98 % en France. Mais les conséquences visuelles peuvent être importantes lorsque la maladie est diagnostiquée tardivement.

« Encore trop d’enfants arrivent à l’Institut Curie avec un stade avancé de la maladie, souligne Marie-Françoise Ray, présidente de Rétinostop dans un communiqué. Cela entraîne des traitements souvent lourds avec des séquelles visuelles sévères. Dans 60 % des cas, les enfants doivent subir une énucléation, c’est-à-dire une ablation de l’œil ». Le dépistage précoce permet pourtant de recourir à des traitements moins agressifs et d’augmenter les chances de préserver la vision. D’où l’importance d’une vigilance collective autour des tout-petits.

Une campagne créative autour de l’enfance

La campagne, réalisée par l’agence Motion Shelter, axe sur la simplicité de l’observation des deux signes critiques, résumé avec le slogan : « Le repérer est un jeu d’enfant ». Pour marquer les esprits sans tomber dans le registre alarmiste, l’agence s’est inspirée de l’univers enfantin du puzzle. Le concept repose sur l’assemblage de pièces qui permet progressivement de révéler l’image d’un œil présentant le fameux reflet blanc caractéristique du rétinoblastome.

En plus des affiches, un film de sensibilisation a également été conçu.

La campagne, diffusée dans les pharmacies, les cabinets médicaux, la presse et sur les réseaux sociaux à l’occasion de la semaine internationale du rétinoblastome, du 10 au 16 mai, sera de nouveau visible en septembre, mois dédié aux cancers pédiatriques (lire notre article).

Cette opération nationale a pu voir le jour grâce au soutien du cabinet d’avocats Freshfields LLP. Une vente aux enchères d’œuvres d’art organisée lors du salon Arts Paris, au Grand Palais, a permis de financer l’intégralité de la campagne.

Faire du repérage un réflexe collectif

Avec cette initiative, Rétinostop espère installer un réflexe simple : regarder attentivement les yeux des enfants et ne jamais banaliser un reflet inhabituel ou un strabisme soudain. Une meilleure connaissance des signes cliniques pourrait permettre d’améliorer considérablement la prise en charge et d’éviter des séquelles irréversibles.