Sensibiliser les femmes aux maladies cardiovasculaires
Les maladies cardiovasculaires, deuxième cause de mortalité féminine en France, sont encore largement sous-estimées. La Fondation Cœur & Recherche lance donc une campagne pour inciter les femmes à prendre soin de leur cœur et à consulter une cardiologue.
Chaque jour, 200 femmes meurent d’une maladie cardiovasculaire en France, ce qui en fait l’une des principales causes de décès chez les femmes. Afin de sensibiliser les femmes à l’importance de préserver leur santé cardiaque, la Fondation Cœur & Recherche lance une campagne de prévention. Un clip vidéo intitulé « Tu as vu ta/ton gynéco ! et ta/ton cardio ? », bientôt diffusé à la télévision, les encourage à consulter un cardiologue.
Les maladies cardiovasculaires : des pathologies surtout féminines
En 2023, 72 078 femmes sont décédées d’une maladie du cœur, contre 64 161 hommes (+ 12 %). Autre chiffre marquant : les maladies cardiovasculaires tuent six fois plus de femmes que le cancer du sein. Et pourtant, beaucoup continuent de les considérer comme des pathologies principalement masculines.
L’importance de consulter un cardiologue
La campagne, réalisée en collaboration avec la Société française de cardiologie, vise donc à encourager les femmes à réaliser un bilan cardiovasculaire auprès d’un cardiologue (lire aussi notre article). Dans son clip « Tu as vu ta/ton gynéco ! Et ta/ton cardio ?», la Fondation Cœur & Recherche s’appuie sur un constat : les femmes consultent régulièrement leur gynécologue, mais beaucoup moins leur cardiologue.
Le film rassemble 31 personnalités issues de la société civile et du monde médical. On reconnaît notamment l’actrice Marie-Christine Barrault, l’auteure Elsa Wolinski, l’actrice Gwendoline Hamon ou encore les animatrice Maïtena Biraben et Sandrine Arcizet. Plusieurs spécialistes participent également à l’initiative, dont les cardiologues Martine Gilard, Ariel Cohen et Stéphane Manzo-Silberman, aux côtés du gynécologue Patrick Rozenberg et de la généraliste Laure Geisler.
Des maladies évitables dans 8 cas sur 10
Une meilleure prévention et une évaluation adaptée des facteurs de risque permettrait d’éviter 80 % des maladies cardiovasculaires. Or, les femmes ont tendance à négliger leur santé. « La santé des femmes n’arrive qu’en troisième position de leurs préoccupations, après leur famille et la santé de leur entourage, indique le communiqué de presse de la Fondation Cœur & Recherche. Ce déséquilibre contribue à un retard de prévention, de dépistage et de prise en charge, alors même que les signaux d’alerte existent. »
Les femmes plus vulnérables aux facteurs de risque
Les femmes sont pourtant plus vulnérables aux facteurs de risques auxquels elles sont exposées, comme le tabagisme, la sédentarité, l’hypertension, le diabète, l’obésité ou encore l’hérédité. Chez les femmes de moins de 50 ans par exemple, le tabac multiplie par 13 le risque d’infarctus du myocarde (appelé communément crise cardiaque).
Par ailleurs, la santé cardiovasculaire féminine évolue au fil de la vie. Les facteurs hormonaux et biologiques jouent notamment un rôle important. Aussi, la puberté, la grossesse et la ménopause (lire notre article), peuvent favoriser le risque cardiovasculaire. Les complications de grossesse, comme l’hypertension, le diabète gestationnel ou la pré-éclampsie, augmentent ainsi de 25 à 50 % la possibilité de maladie cardiovasculaire dans les années suivantes. D’où l’importance de prendre soin de son cœur à tous les âges (lire aussi notre article). L’endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques sont aussi des facteurs de risque.
À cela s’ajoutent enfin des facteurs psychosociaux et sociétaux, comme le stress, la précarité, les violences ou le manque d’accès aux soins.
Prévenir, dépister et agir plus tôt
Les femmes ne doivent donc pas attendre l’apparition de douleurs thoraciques pour consulter. La Fondation Cœur & Recherche les encourage ainsi à demander directement à leur professionnel de santé de réaliser un bilan cardiovasculaire.
Elle rappelle également qu’en cas de symptômes inhabituels ou de douleur intense dans la poitrine, il convient d’appeler immédiatement les secours (15).
Vers une mobilisation collective des professionnels de santé
Au-delà de sensibiliser le public, la campagne souhaite aussi faire évoluer les pratiques médicales. Pour mieux reconnaître les spécificités cardiovasculaires féminines, le Conseil national professionnel cardiovasculaire (CNPCV) a ainsi publié une fiche d’information dédiée aux professionnels de santé. Le gynécologue occupe par exemple une place centrale dans le processus de prise en charge. Souvent premiers interlocuteurs des femmes, il peut alors identifier les risques et orienter la patiente vers un suivi cardiologique.
À travers cette mobilisation, la Fondation Cœur & Recherche souhaite améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires chez la femme. Une meilleure information et un renforcement de la formation des professionnels de santé constituent ainsi les bases d’une action efficace.

