Près d'un quart des jeunes français tourne le dos au sport au cours de l’adolescence selon une étude de l'Injep.

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Sport : un quart des jeunes abandonne entre 14 et 18 ans

Près d’un adolescent sur quatre tourne le dos au sport, un phénomène inquiétant qui concerne davantage les filles et les jeunes en dehors du système scolaire. Explications.

La pratique sportive régulière recule chez les adolescents, d’après une étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) publiée en ce mois d’avril. Elle révèle que 26 % des 14 à 18 ans qui avaient une activité sportive de loisir, au moins une fois par semaine, l’abandonnent. Au cours de cette tranche d’âge, la part des sportifs passe de 82 % à 69 %. Cela représente une baisse de 13 points.

Les filles et les ados déscolarisés plus concernés

Dans le détail, le renoncement au sport touche deux fois plus les jeunes filles (34 %) que les garçons (18 %). Cette différence est particulièrement visible dans les familles d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs. C’est aussi le cas quand les parents n’ont pas de diplôme. « Toutes choses égales par ailleurs, le genre est la caractéristique qui pèse le plus sur la probabilité de décrocher de la pratique sportive régulière », constate l’Injep.

Au-delà du genre, les disparités sociales ont aussi un impact sur l’arrêt du sport. Les enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs et d’employés sont plus concernés que ceux de cadres. Toutefois, « la composition de la famille, la taille d’unité urbaine du domicile ou l’origine pèsent peu ou pas sur le risque de décrochage », estime l’institut.

Enfin, le type de parcours scolaire influence fortement le maintien d’une pratique sportive. Ainsi, 21 % des lycéens en filière générale abandonnent le sport. Mais ce chiffre grimpe à 26 % chez les lycéens en filière technologique, 30 % chez les lycéens en filière professionnelle, 31 % chez les apprentis et atteint même 36 % chez les jeunes sortis du système éducatif.

Une perte d’intérêt progressive pour le sport des jeunes

Le désamour des jeunes pour le sport grandit avec l’âge, même s’il reste minoritaire. À 14 ans, 15 % des futurs décrocheurs déclarent ne l’avoir jamais aimé. Mais, à 18 ans, ils sont 28 % à tenir le même discours.

Sur ce sujet, la différence filles-garçons est là aussi visible. Chez les filles, la proportion de la désaffection pour l’activité physique passe de 14 % à 32 %. Elle varie de 15 % à 22 % chez les garçons. « Le lien entre ce désamour et l’abandon de la pratique est très marqué », précise l’étude.

L’isolement et le manque de temps : des facteurs de renoncement

L’absence de partenaire est une cause importante justifiant l’arrêt du sport. Près de la moitié des décrocheurs (48 %) de 18 ans pensent qu’il n’est pas agréable de s’exercer seul. Un sentiment qui était déjà présent à 14 ans pour 46 % d’entre eux. À l’inverse, les jeunes qui poursuivent un entraînement assidu sont moins nombreux à partager cette opinion (32 %). « La permanence de leur pratique régulière pourrait leur avoir permis de constituer un réseau amical pérenne avec lequel ils pratiquent », explique l’Injep.

Autre obstacle cité : le manque de disponibilité. Ainsi, 42 % des décrocheurs de 18 ans estiment que le sport prend trop de place dans leur emploi du temps. Ils sont 23 % à 14 ans. Pour l’institut, « L’intensification de la pression scolaire avec la préparation du baccalauréat peut expliquer cette situation ». De plus, l’éloignement des installations sportives demeure un obstacle à la pratique. Un tiers des décrocheurs de 18 ans l’évoque, contre 20 % à 14 ans.

« En revanche, le risque de décrochage ne semble pas lié au sentiment à 18 ans d’un coût trop élevé ou au risque de blessure et de violence », ajoute l’étude.

L’importance du capital sportif familial

L’engagement des parents dans le sport joue un rôle protecteur. Les jeunes qui s’exercent en famille durant le CM2 abandonnent deux fois moins que ceux qui ne le font jamais (17 % versus 34 %). De même, le fait d’avoir une mère sportive durant la période du collège réduit le risque de décrochage de 3 à 4 points. « En revanche, aucun écart significatif n’est associé à la pratique du père », remarque l’Injep.

Avec l’engouement des Français pour le sport ces dernières années (lire notre article), le nombre de parents sportifs devrait logiquement augmenter. Ces derniers offriront ainsi un modèle encourageant pour leurs enfants.

En parallèle, les pouvoirs publics doivent redoubler d’efforts pour lever les différents freins à la pratique sportive. Car le sport, bien plus qu’une simple activité de loisir, reste un vecteur essentiel de santé, de socialisation et d’égalité.