À l’occasion d’Octobre Rose 2026, l’Institut Curie réaffirme son engagement en faveur de la recherche et de l’amélioration de la prise en charge du cancer du sein, notamment face à la hausse des cas chez les jeunes femmes.

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Agir face à la hausse des cancers du sein chez les jeunes femmes

À l’occasion d’Octobre rose 2026, l’Institut Curie alerte sur l’augmentation des cas de cancer du sein chez les jeunes femmes. L’établissement spécialisé annonce adapter ses traitements et améliorer l’accompagnement des malades.

Chaque année en France, plus de 3 000 femmes de moins de 40 ans sont diagnostiquées d’un cancer du sein. L’Institut Curie, premier centre européen de lutte situé à Paris, Saint-Cloud et Orsay, est particulièrement engagé sur ce sujet. Il réaffirme ainsi son engagement afin de « mieux comprendre, mieux diagnostiquer, mieux suivre et traiter les patientes ». Cette communication intervient dans le cadre d’Octobre rose, événement destiné à sensibiliser au dépistage du cancer du sein (lire notre article).

Des cancers souvent plus agressifs

Le cancer du sein reste le plus fréquent chez les femmes. Plus de 61 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France. Environ 5 % d’entre eux concernent les moins de 40 ans, soit plus de 3 000 patientes par an. « L’incidence du cancer du sein chez les femmes jeunes ne cesse par ailleurs d’augmenter avec une accélération notable ces dernières années », confirme l’Institut Curie.

Chez elles, les tumeurs sont généralement découvertes à un stade plus avancé. Leur taille est souvent plus importante et les ganglions plus fréquemment atteints. Ce constat est « notamment lié au fait que les femmes jeunes ne sont pas concernées par le dépistage organisé, qui vise les plus de 50 ans », note l’Institut.

Par ailleurs, les formes agressives sont davantage représentées. Les cancers dits triple négatif, plus résistants à certains traitements, concernent 22 % des patientes de moins de 40 ans, contre 11 % en moyenne. Les prédispositions génétiques sont elles aussi plus répandues (15 % contre 5 à 7 %).

Ces particularités peuvent ainsi conduire à des traitements plus intensifs. Et ceux-ci ont des conséquences sur la fertilité, la sexualité, la vie de famille ou encore professionnelle des patientes. « Tous ces enjeux doivent être intégrés à la prise en charge dès le diagnostic », souligne la docteure Florence Coussy, gynécologue médicale et oncologue à l’Institut Curie.

Un parcours de soins adapté aux femmes jeunes

Pour mieux répondre à cette réalité, l’Institut Curie prépare un parcours spécifiquement dédié aux femmes jeunes. Sa mise en place est prévue début 2027. Il doit permettre de mieux coordonner les soins et de prendre en compte les répercussions de la maladie. Une consultation consacrée à la reprise du travail est notamment prévue.

Mieux comprendre les causes pour mieux traiter

L’amélioration de la prise en charge passe aussi par une meilleure connaissance des facteurs de risque. Et cela concerne notamment ceux en lien avec la génétique. « Différentes pistes sont à l’étude telles que l’exposition à certains facteurs épigénétiques et plus largement sur l’ensemble des expositions environnementales auxquelles est soumise la personne au cours de sa vie », explique l’Institut. Il s’intéresse notamment à certains polluants, comme les perturbateurs endocriniens, les phtalates ou les microplastiques. Le projet Exposome vise, par exemple, à mieux comprendre l’influence de ces contaminants à l’échelle nationale.

Afin de mieux appréhender l’hétérogénéité des cancers du sein, l’Institut Curie développe en parallèle une vaste base de données. Elle est notamment composée d’échantillons numérisés de tumeurs. Les travaux menés pourraient permettre de concevoir de nouveaux modèles prédictifs d’ici à 2030.

Des approches innovantes porteuses d’espoir

Enfin, les chercheurs explorent d’autres stratégies en s’appuyant sur des techniques de pointe. « Grâce à des approches scientifiques et technologiques innovantes, telles que les organoïdes, les modèles sur puce ou les analyses à l’échelle de la cellule unique, elles font émerger de nouvelles connaissances qui ouvrent la voie aux diagnostics et aux thérapies de demain », explique la docteure Claire Rougeulle, directrice du Centre de recherche de l’Institut Curie.

Dans un contexte de tensions sur les financements publics de la recherche, l’Institut Curie appelle également à la mobilisation des citoyens. Les dons contribuent, en effet, à soutenir les travaux scientifiques et à faire progresser la lutte contre le cancer du sein.