Ebola : ce qu’il faut savoir de l’épidémie
L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola en République démocratique du Congo est considérée comme une urgence sanitaire de portée internationale. Mode de transmission, symptômes, traitement, prévention, voici les points clés à connaître.
Le variant Bundibugyo du virus Ebola est à l’origine de l’épidémie qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC). Au 22 mai, 8 cas ont été confirmés, 246 cas et 80 décès sont suspectés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé, le 17 mai, que cette situation inquiétante constituait « une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) » (lire aussi notre article sur l’histoire de l’OMS). Elle invite ainsi la communauté mondiale à se mobiliser pour lutter contre cette maladie grave, souvent mortelle.
La transmission d’Ebola par contact direct
Le virus Ebola, responsable de la fièvre hémorragique du même nom, figure parmi les pathogènes les plus redoutés au monde. Il est transmis à l’homme par des animaux sauvages (via la viande de brousse d’antilope, d’éléphant, de chauve-souris, de serpent, de singe, etc.). Le virus se propage ensuite par contact direct avec les liquides biologiques des personnes infectées : sang, salive, urine, vomissures, sueur, selles ou lait maternel.
De plus, celui-ci peut persister dans le sperme plusieurs mois après la guérison. « Bien que la transmission ne soit pas avérée, une protection des rapports sexuels est fortement recommandée », précise alors le ministère de la Santé, dans un communiqué.
Les objets souillés (aiguilles, matériel médical…) peuvent aussi être des sources de transmission. C’est également le cas des cérémonies funéraires traditionnelles, lorsque les proches sont en contact avec les corps contaminés des défunts, sans protection.
Une maladie grave
La période d’incubation, entre la rencontre avec le virus Ebola et les premiers signes, varie de 2 à 21 jours. Une personne infectée n’est pas contagieuse tant qu’elle ne présente pas de symptômes.
Les manifestations de l’infection débutent par une fatigue intense, une fièvre élevée, des douleurs musculaires et des maux de tête. Ces symptômes, d’apparition brutale, sont suivis de vomissements, de diarrhées, et parfois, d’une éruption cutanée. Dans les cas les plus graves, des hémorragies internes et externes peuvent survenir. « Le taux de létalité moyen de la maladie est d’environ 50 % », indique l’institut Pasteur.
Traiter les symptômes d’Ebola
Aujourd’hui, aucun traitement spécifique ou vaccin n’est homologué pour la souche Bundibugyo. La prise en charge repose donc sur la réhydratation par voie orale ou intraveineuse et le traitement des symptômes. Cela a pour effet d’améliorer les chances de survie. Plusieurs thérapies innovantes (dérivés du sang, stimulation de l’immunité…) sont tout de même à l’étude.
La prévention, quant à elle, repose sur des règles d’hygiène strictes, le port d’équipements de protection pour le personnel soignant, ou encore l’éviction des contacts avec les défunts. L’identification précoce des patients permet par ailleurs de limiter les contaminations.
Des recommandations pour les voyageurs
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) juge que le risque d’infection par Ebola demeure faible en Europe. Toutefois, « la France est préparée depuis plusieurs années à la gestion de ce type d’événements sanitaires émergents et dispose d’établissements de santé de référence et de laboratoires de très haute sécurité pour faire face, si nécessaire, à ce type de virus », rassure le ministère.
En revanche, des précautions s’imposent aux ressortissants Français en RDC. Ils doivent ainsi éviter les zones épidémiques et respecter des règles d’hygiène strictes. Les autorités leur conseillent de ne pas avoir de contact avec des personnes fiévreuses, ni avec des animaux sauvages. Ils ne doivent pas non plus consommer de viande de brousse.
En parallèle, il est recommandé aux voyageurs de reporter leur déplacement en RDC ou en Ouganda. Pour ceux qui rentrent en France, le ministère leur préconise de surveiller leur température quotidiennement pendant 21 jours. En cas de fièvre supérieure ou égale à 38 °C durant cette période, les voyageurs doivent uniquement contacter le 15. Une prise en charge hospitalière adaptée sera alors mise en œuvre.

