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Le sang, reflet de notre santé


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4/4 Trois questions au Professeur Olivier Garraud,
immunologiste et hématologiste

Professeur à la faculté de médecine de Saint-Étienne, il est co-auteur avec le professeur Jean-Daniel Tissot de l’ouvrage Il était une fois le sang : il révèle notre santé et notre hérédité (Éditions Humensciences).

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Le sang a-t-il un âge et un sexe ?

Des modifications peu visibles caractérisent le sang des personnes jeunes mais les propriétés intrinsèques du sang sont à peu près équivalentes entre un donneur de sang jeune et plus âgé. Le sang a aussi un sexe. Il n’y a pas de chromosomes sur les globules rouges ou sur les plaquettes mais il y en a sur les globules blancs qui sont nucléés. Les globules blancs des femmes peuvent donc être distingués de ceux des hommes. Ensuite il y a des hormones dans le sang. La biochimie des hommes et des femmes n’est pas exactement la même et cela se retrouve dans le sang.

Vous dites que le sang est à la fois un mouchard et un menteur : pourquoi ?

Le sang est un mouchard car quand on y cherche quelque chose, on le trouve. Dans les romans policiers, on constate que des gouttes de sang ont permis de confondre un criminel. Le sang permet aussi de savoir si vous avez pris de l’alcool, de la drogue ou des médicaments. Mais le sang est aussi un menteur car il peut lancer sur de fausses pistes. Les résultats ne sont pas noirs ou blancs et nécessitent de nombreuses compétences pour analyser très finement le sang. Si on se contente des très grandes lignes, on peut ainsi tirer de fausses conclusions ou faire de mauvaises interprétations. La plupart du temps, quand le médecin prescrit une analyse de sang et que la personne se rend au laboratoire, les résultats obtenus sont analysés par rapport à des normes qui permettent au médecin d’adapter un traitement. En revanche l’anthropologie, la génétique des populations ou l’épidémiologie demandent de faire des analyses beaucoup plus poussées.

Quelles sont les dernières connaissances de la médecine sur le sang ?

Les chercheurs découvrent de plus en plus de propriétés concernant le métabolome (ensemble des métabolites présents dans un échantillon biologique), la chimie du sang et, en ce qui concerne le don du sang, sa conservation. Ils ont découvert que les donneurs avaient des profils spécifiques concernant les protéines qui les caractérisent parfois au moins autant que les profils génétiques. L’épigénétique, qui est la partie non codante des chromosomes sur laquelle s’imprime un certain nombre d’événements qui caractérisent notre passé ou notre famille, a aussi progressé. Des avancées thérapeutiques ont eu lieu concernant des leucémies et certaines formes de cancer. Des thérapies géniques sont en train de se mettre en place concernant les maladies de l’hémoglobine et des nouveaux médicaments boostent le peu de facteurs de coagulation présent chez les hémophiles.